LE GRAND SOUPER DU CINQUIÈME ANNIVERSAIRE DU CMLM

Le soir succédant à l’excursion aux tricholomes prétentieux, 18 membres du CMLM ont été fêter la clôture de la saison et par la même occasion, le cinquième anniversaire de fondation du Cercle en allant souper à la tables des Jardins Sauvages de Saint-Roch-de-l’Achigan.

Un article est paru à ce sujet dans le journal L’Action grâce à madame Geneviève Quessy qui s’était jointe à notre groupe.  Dans cet article, on voit clairement à quel point ce restaurant a fait sa marque dans les rangs de la haute gastronomie puisque ses apports au développement de la nouvelle cuisine boréale ont été reconnus tant par les plus grands chefs du Québec que par les critiques les plus sévères du Canada anglais. (Lien vers l’article : http://www.laction.com/Communaute/2014-11-03/article-3927065/Les-Jardins-Sauvages%3A-un-rendez-vous-pour-les-passionnes-de-champignons/1)

Il n’y a qu’à jeter un œil aux nombreux articles qui ont été consacrés, au fil des dix dernières années, aux deux créateurs de ce restaurant, François Brouillard et Nancy Hinton, dans des livres, des journaux et des revues qui sont mis à la disposition des lecteurs, sur place.  L’endroit est d’ailleurs absolument charmant. Adossés à un coude de la rivière Saint-Esprit aux eaux torrentueuses, nous sommes conviés à un repas de huit services qui s’étirera durant près de trois heures (trop vite passées), dans une maison patrimoniale en bois, à plafond bas, remplie de mille odeurs toutes plus appétissantes et mystérieuses les unes que les autres.

Cette année, les Jardins Sauvages en sont déjà à la 12e édition de leur menu champignons. La description suivante du menu qui nous a été servi est assez révélatrice du très haut niveau de créativité dont le chef Nancy Hinton a fait preuve à cette occasion dans ses cuisines.  En fait, on peut parier qu’il s’agit actuellement de la cuisine la plus élaborée qui est faite avec les champignons sauvages au Québec, si ce n’est dans le Canada tout entier!  Qu’on en juge…

En entrée, une terrine de porcelet aux agarics champêtres et aux psalliotes forestières (c’est-à-dire mêlant des agarics des jachères, des rosés des prés, des psalliotes des bois et des psalliotes des forêts), accompagnée d’un fromage frais aux morilles blondes, d’un antipasto d’armillaires ventrus et de pleurotes d’automne (mêlant les pleurotes tesselés et les pleurotes de l’orme) marinés et grillées, d’un tempura de chanterelles en tube et de matsutakés en gelée.

La soupe est une wonton de lapin aux tricholomes prétentieux et aux jaunets relevée de gingembre sauvage, de gitans, de coriandre, au bouillon obtenu avec des polypores soufrés et des polypores langue-de-bœuf.

S’ensuit une assiette de pétoncles poêlés avec diverses chanterelles (girolles, gomphes à flocons, gomphes clavés, fausses cornes d’abondance) et une purée de légumes racines et d’arroche de mer, épicée au persil de mer et à la poudre de sumac vinaigrier. 

Puis on nous sert une salade Waldorf aux champignons-homard et aux lactaires délicieux, ornée de noix de noyer noir (provenant de ma ferme, le Jardin des Noix!), de petits choux à l’huile de bolets rugueux, de petits morceaux de pommes sylvestres, de fines tranches de polypore en touffe fumé, aromatisée de quelques feuilles de livèche et d’un vinaigre balsamique aux raisins sauvages.

Le plat de résistance est une tranche de cerf rôti et braisé en sauce chasseur aux strophaires rouge vin, accompagnée d’une tortilla espagnole à la vesse-de-loup géante et aux armillaires communs et d’une papillote où se rencontrent les pieds-bleus, les pieds-de-mouton et les hydnes ombiliqués.

Au dessert, un biscuit aux lactaires à odeur d’érable fourré au chocolat blanc aromatisé aux bolets à pied velu, avec une sauce caramel aux escumelles, est servi en complément d’un parfait aux nonnettes pleureuses recouvert d’une couche de sirop de café aux marasmes des Oréades ainsi que d’un sablé aux bolets orangés et aux bolets à pied glabrescent.  

Pendant le café (ou la tisane aux fleurs sauvages), des mignardises ont été apportées : un « saucisson » de chocolat noir aux noix de noyer noir et aux cèpes confits, un bonbon aux bolets insignes et aux bolets granulés, une pâte aux poires nordiques et aux nonnettes voilées. 

Au final, ces incroyables agapes auront comporté, si je compte bien, pas moins de 39 espèces de champignons sauvages dont près des deux tiers ne se retrouvent sur aucune autre table de grand restaurant, à ma connaissance – à moins qu’ils se soient offerts les services des très rares cueilleurs professionnels de champignons forestiers actuellement en activité au Québec ou qu’ils soient entrés en relation de confiance avec l’équipe des Jardins Sauvages. Voyons cela de plus près.  

Liste des champignons sauvages servis le 1er novembre 2014 et qui sont parfois présents dans certains plats de la gastronomie d’inspiration française et japonaise : rosés des prés, morilles blondes, chanterelles en tube, matsutakés, jaunets (ou tricholomes équestres), girolles (ou chanterelles communes), fausses cornes d’abondance (ou trompettes des morts), lactaires délicieux, polypores en touffe (ou pieds-de-griffon ou maïtakés), pieds-bleus, pieds-de-mouton, nonnettes pleureuses (ou cèpes des mélèzes ou bolets élégants), marasmes des Oréades, cèpes et nonnettes voilées. Soit 15 espèces de champignons sauvages connus…

Liste des champignons sauvages servis le le 1er novembre 2014 et qui sont à la fois originaux et typiques de la nature du Québec : agarics des jachères, psalliotes des bois, psalliotes des forêts, armillaires ventrus, pleurotes tesselés, pleurotes de l’orme, gitans (ou pholiotes ridées), polypores soufrés (ou champignons-poulet), polypores langue-de-bœuf (ou fistulines hépatiques), gomphes à flocons, gomphes clavés, champignons-homard (ou dermatose des russules), bolets rugueux, strophaires rouge vin, vesse-de-loup géante, armillaires communs, hydnes ombiliqués, lactaires à odeur d’érable, bolets à pied velu, escumelles (ou coprins chevelus), bolets orangés, bolets à pied glabrescent, bolets insignes et bolets granulés. Soit 24 espèces de champignons très inhabituelles… 

Bravo à ceux qui étaient là et quant aux autres, eh bien… on vous dit « À la prochaine fois! »… même si le menu sera sans doute complètement différent et nouveau, connaissant François et Nancy! 

Yvan Perreault
Président du CMLM

 

EXCURSION DE CUEILLETTE AUX TRICHOLOMES PRÉTENTIEUX

Le samedi 1er novembre a eu lieu la dernière excursion de cueillette du CMLM au boisé jouxtant le territoire de la Cité-des-Jeunes à Sainte-Julienne. Environ 35 personnes se sont prévalues de l’occasion pour aller à la découverte des champignons les plus tardifs de la flore laurentienne en cette matinée un peu froide mais sèche et sans gel au sol.

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Ce boisé est constitué en bonne partie par la plantation de pins gris située la plus au sud de Lanaudière que je connaisse.  Cette plantation est entourée d’une forêt mixte de grands pins blancs, de bouleaux gris et de nombreux petits chênes rouges, ce qui en fait un terrain de cueillette très intéressant.  Il est à douter que nous puissions y retourner l’an prochain, le site semblant devoir faire l’objet d’une importante coupe de rajeunissement cet hiver, à en croire les bandelettes orangées accrochées aux branches des nombreux pins gris morts.

Après seulement 25 ans, chose étonnante, cette plantation arrive déjà à la fin de sa vie utile!  M. Michel Bournival, un ingénieur forestier de Sainte-Julienne, avait participé au projet expérimental de revitalisation de ce sol de forêt très pauvre en 1988 alors qu’il était au début de sa carrière. C’est lui qui m’avait indiqué son emplacement lorsque je lui avais confié être à la recherche de matsutakés lors d’un cours d’aménagement de boisés privés qu’il donnait pour le Collectif agricoles des Samares. À cette époque, m’a-t-il confié, les ingénieurs forestiers avaient l’impression que le pin gris ne pourrait jamais s’acclimater aussi facilement si loin au sud…

Cette expérience de revitalisation aura été un vif succès, à en juger par l’abondance et la diversité des espèces fongiques qui sont apparues sur ce site!  Facile à explorer dans tous les sens, bordé sur toute sa longueur de deux larges sentiers, d’une superficie de quelque deux hectares au total, on y trouve beaucoup de tricholomes prétentieux en cette fin de saison – d’où la thématique de cette journée. Et plus tôt en octobre, les tricholomes équestres et les tricholomes à odeur de savon y sont aussi abondants.

Quatre beaux sacs de tricholomes prétentieux ont pu être remis à différents membres au terme de l’excursion, après la séance d’identification, ce qui aurait pu être davantage si les gros écureuils noirs n’avaient pas fait des ravages juste avant notre arrivée.  Il y a eu aussi, parmi les bons comestibles, un demi sac rempli d’hygrophores à disque jaune, des clitocybes à pied renflé, des pleurotes tesselés, quelques pleurotes en forme d’huître, un pied bleu et quelques hygrophores remarquables.  Parmi les non comestibles, des hygrophores pudibonds, des tramètes versicolores, des polypores du bouleau, des tricholomes roux, des tricholomes ruinés, des tricholomes changeants… Comme on le voit, beaucoup de tricholomes!

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Il y avait aussi une belle récolte de cordyceps à tête ronde (Elaphocordyceps capitata), soit une bonne quinzaine de spécimens. Quand les cueilleurs ont appris qu’il s’agit d’une espèce qui a tendance à pousser à partir de belles truffes granulées (Elaphomyces granulatus), plusieurs ont voulu retourner sur le site et creuser un peu – mais comment retrouver les endroits exacts, voilà le point délicat…

En résumé, l’objectif principal de cette excursion, qui était de rendre plus familière aux cueilleurs néophytes cette délicate et savoureuse espèce qu’est le tricholome prétentieux, a été atteint.  Les spécimens de tricholomes prétentieux étaient de toutes les tailles, certains avaient leur forme pleine et régulière, d’autres avaient des formes torturées (ayant poussé en groupes serrés sous une lourde et épaisse couche d’aiguilles).  Ils avaient toute les déclinaisons possibles et imaginables de jaune canari sur leur pied et leurs lamelles, et toutes les nuances de coloris olivâtres et grises avec les fibrilles plus ou moins prononcées sur les chapeaux.

Étalage de la récolte

Étalage de la récolte

Ce n’est pas facile de distinguer les tricholomes prétentieux de tant d’autres tricholomes: les terreux, les vergetés, les sculptés, les ceinturés, les gris souris, les sombres, à écailles noires… Il ne faut pas négliger les occasions qui se présentent de les pratiquer!

Yvan Perreault
Président du CMLM

 

SORTIE DU 18 OCTOBRE À SAINTE-ÉMILIE-DE-L’ÉNERGIE

Le samedi 18 octobre avait lieu l’excursion aux matsutakés de notre Cercle.  Allions-nous en revenir moins bredouilles qu’après celle de l’automne 2013? Las et hélas, non!  Il appert que les matsutakés ont été hâtifs cette année.  Des membres du CMLM m’avaient envoyé de belles photos de spécimens trouvés ici et là, dans de nouvelles talles situées un peu partout autant dans Lanaudière que dans la Mauricie, et cela dès le début de septembre!  Le pire était donc à craindre pour cette excursion fixée six mois à l’avance au meilleur temps possible pour cette mythique espèce: la mi-octobre – du moins en théorie…

Rendez-vous avait été donné à l’entrée du Sentier de l’Ours, tout au bord de la route 131, à trois kilomètres au nord du village de Ste-Émélie-de-l’Énergie. Un informateur tout à fait crédible m’avait alerté à propos d’une grosse talle de matsutakés qui s’y trouvait il y a deux ans; l’année dernière, notre erreur avait été de nous diriger vers l’entrée du sentier du Parc des sept-Chutes, située beaucoup trop au nord.  Cette fois-ci, nous sommes allés exactement au point où cette talle se trouverait, sans plus laisser aucune marge à l’imprévu…

Groupe

Des tricholomes équestres en pleine forme étaient déjà disponibles pour les cueilleurs dans l’aire de stationnement, joyeux présage! Notre groupe s’est scindé en trois : une première équipe pour sillonner la partie est du Sentier de l’ours, qui est à cet endroit une partie du fameux sentier transnational; une deuxième pour sillonner la partie ouest du de ce sentier en partant de l’autre côté de la route 131 et une troisième pour explorer la portion du sentier qui part du rang qui mène à la pourvoirie Bazinet, à un demi-kilomètre environ un peu plus au nord.

En cette saison de chasse, nous avons été assez prudents pour rester dans les portions de sentiers qui sont situées les plus près de la route 131 et du 4e Rang.  Si les matsutakés nous ont encore cette fois-ci fait défaut, les hygrophores à lamelles arquées (Hygrophorus camarophyllus), par contre, étaient pléthoriques!  Nous en avions également trouvé beaucoup l’an dernier, à la précédente excursion aux matsutakés, à Saint-Zénon.

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Chose étonnante, plusieurs espèces qu’on trouve beaucoup plus tôt à la saison estivale ont été trouvées en pleine fraîcheur sur ces trois sites qui se trouvent pourtant en zone de rusticité 3a : deux superbes chanterelles communes, trois cèpes d’Amérique, des gomphes clavés,des gomphes à flocons, des amanites tue-mouches, des lactaires saumon, un lactaire purpurin, des russules de Peck, des hygrocybes rouge ponceau, des hydnes ombiliqués…

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Outre les jaunets, les tricholomes ont évidemment été au rendez-vous (tricholomes vergetés, prétentieux, rosâtres, changeants, roux, décorés…) ainsi que les hygrophores autres que ceux à lamelles arquées (pudibond, à disque jaune, gris violacé), les armillaires communs et trois espèces de pleurotes : tesselés, étalés et petit-nid.  Grâce à l’expertise de M. Joseph Nuzzolese, les pholiotes glutineuses ont pu être comparées aux hébélomes croûte de pain, ce qui était très intéressant, dix espèces de polypores ont été présentées, et les excursionnistes ont pu exercer leur acuité sur quelques espèces de cortinaires : cortinaires clairs, sanguins et à tête velue.

Chanterelles a flocons

Il y avait certainement là une sorte de micro-climat chaud pour expliquer la présence des champignons d’été si tard en saison.  Pour ce qui est de trouver des matsutakés, eh bien, il n’y a qu’à en faire une sorte de promesse électorale : chers membres du CMLM et chers visiteurs, le président du CMLM vous garantit que la troisième fois, en 2015, sera la bonne!

Yvan Perreault
Président du CMLM

 

SORTIE DU 11 OCTOBRE À SAINT-PAULIN

On a eu une journée superbe, ensoleillée et pleine des couleurs automnales.

Groupe 2014-10-11

La récolte de champignons comestibles a été raisonnable et plusieurs espèces «autres» ont été identifiées par notre ami Joseph.

Ami JosephPartie de la recolte

On a appris que l’avertissement de Santé Canada concernant le tricholoma equestre (tricholome équestre) avait été levé parce que ce n’est pas la même espèce qu’en Europe. Le Rond Coin a enchanté les mycologues par son décor, son atmosphère et son menu. Sur le site, l’œil averti des amateurs a vite fait de repérer d’autres champignons intéressants. Chacun est reparti avec un ou des champignons à goûter.

 

Hygrophore blanc-olivatre

Hygrophore blanc-olivatre

Ramaire gracile

Ramaire gracile

Puisque la période d’identification était ouverte au grand public, le CMLM a acquis de nouveaux membres.

Merci à monsieur Francis Marcouiller, le propriétaire du site de la cueillette et à monsieur Keven Gélinas, le propriétaire du Rond Coin, pour leur accueil.

Richard Demers

 

SORTIE DU 4 OCTOBRE – EXCURSION DE CUEILLETTE AUX ENTOLOMES AVORTÉS

Par cette matinée pluvieuse à souhait, l’envie était forte pour tout un chacun de rester dans son lit, mais près d’une vingtaine d’amis des champignons sauvages ont pris leur courage à deux mains et sont allés quand même à la Sucrerie du Rang Double de la famille Deschambault, située à Saint-Lin, pour essayer de remplir leurs paniers des mythiques entolomes avortés.

C’est un secteur de Lanaudière où le CMLM ne s’était pas encore aventuré durant ses quatre premières années d’existence, voilà une chose faite!  Ce Rang Double est assez fascinant : il longe la bordure qui sépare la limite nord de la plaine du Saint-Laurent et le piedmont des Laurentides, puis, après huit kilomètres traversant des champs de vieux pays, il entre dans des collines boisés où les érablières et les chênaies se disputent la première place.

Nous sommes donc allés à la recherche d’un des seuls champignons faisant partie du genre des entolomes à être consommé de par le vaste monde : l’entolome avorté!  Cette grande spécialité de la nouvelle gastronomie boréale est en effet seulement mangée au Québec, et peut-être aussi un peu en Ontario et au Nouveau-Brunswick à la rigueur, mais quoi qu’il en soit, seulement là où on peut le cueillir en bonnes quantités, c’est-à-dire dans les érablières à sucre.

Cet entolome avoté vient d’être renommé entolome abortif sur le site de Mycoquébec parce qu’on a récemment découvert qu’il est toujours le premier à agresser son plus grand rival, l’armillaire commun, et à lui envoyer des micro-organismes pour le détruire. Il prend sa remarquable forme avortée seulement lorsqu’il reçoit à son tour des micro-organismes destructeurs de la part de l’armillaire qui se contente de riposter en état de légitime défense…

C’est bien fait pour lui! Quoi qu’il en soit, nous aurions aimé réconcilier ces deux frères ennemis dans nos paniers de cueillette lors de cette excursion (puis dans nos assiettes!). Nous aurions ensuite essayé de déterminer, une fois pour toutes, si la forme avortée de cet entolome est plus succulente que la forme normale, ou si c’est le contraire.

Le site où les amis du CMLM avaient été conviés était idéal pour une excursion spécialement dédiée à cette espèce : une érablière parsemée de gros chênes rouges et entourée de pruches avec lesquelles les armillaires communs aiment s’associer. Mais dame Nature s’est jouée de nous cette année; un seul entolome sous sa forme non avortée a pu être cueilli, et seulement une dizaine d’armillaires communs et d’armillaires moutarde.

La récolte n’a quand même pas été mauvaise, en dépit du tapis de feuilles colorées qui brouillaient notre vision: des hypholomes couleur de brique, des pieds-bleus, des flammulines, des pleurotes tesselés, des pleurotes en forme d’huître, des pleurotes tardifs, des bolets pâles, des russules à pied court, des tricholomes de Davis, des clitocybes à pied renflé…  Beaucoup de non comestibles aussi: des lactaires à lait jaune, des tricholomes ruinés, des clitocybes des feuilles, des amanites citrines et même de rares hygrophores sordides, au goût horriblement amer!

Hypholome couleur de brique

Hypholome couleur de brique

Il y a avait encore de belles amanites vireuses, en dépit des nuits froides que le sud de Lanaudière a connues en fin septembre. La séance d’identification s’est déroulée bien à l’abri du large portique du bâtiment principal de la Sucrerie, alors que la pluie continuait à tomber à verse!  Il y avait aussi des entolomes livides et des entolomes roses poli qui ont pu être mis en comparaison avec le seul entolome avorté présent sur la table, chose extrêmement pertinente à faire pour rappeler la prudence aux mycologues débutants…

En complément de programme, une visiteuse aux activités du cercle, Mme Marie-France Gagnon, qui est aussi élève de la formation de cueilleurs professionnels de PFNL donnée à Joliette par la Commission scolaire des Samares et par la SADC-Matawinie, a fait goûter aux excursionnistes des camarines ramenées directement de la Basse Côte-Nord où elle vient de terminer un stage avec le Grenier Boréal. C’est un petit fruit nordique très méconnu de la plupart des Québécois même s’il est florissant sur les sols de la toundra.  Il comporte des arômes très subtils qui ne se révèlent qu’avec les meilleurs apprêts en cuisine.  Nul doute que la camarine est destinée à un bel avenir dans la nouvelle gastronomie boréale, tout comme l’entolome avorté!

Yvan Perreault
Président du CMLM

SORTIE DU 28 SEPTEMBRE 2014 – EXCURSION AUX CHAMPIGNONS DE PELOUSE

Sainte-Marcelline-de-Kildare recevait pour la première fois la visite des membres du CMLM en cette splendide journée d’automne.  Une municipalité qui compte parmi les rares, avec Saint-Alphonse-de-Rodriguez, à avoir toujours refusé l’épandage de produits chimiques sur les gazons à la grandeur de son territoire, dans Lanaudière! D’où notre intérêt pour y tenir une excursion spécialement dédiée aux champignons de prairie et d’aires ouvertes colonisées par des plantes herbacées.

L’excursion s’est tenue en deux temps, la première partie se déroulant sur les pelouses des terrains municipaux entourant l’hôtel de ville et composant le parc de la Maison des Jeunes (incluant un détour dans le sentier récemment aménagé au bord de la rivière Blanche, avec un belvédère sur la principale chute de l’ancien site du moulin à carder).  Pour la seconde partie, les quinze membres présents se sont déplacés jusqu’au très vaste terrain privé de Mme Élise Cusson, les Jardins de la Luciole, qui sont situés à un peu moins d’un km au nord du village.

À cet endroit, les membres ont pu se subdiviser en deux groupes: un premier groupe pour traverser les champs et les potagers jusqu’au boisé qui succède à la terre agricole jusqu’à la rivière Blanche, et qui est réputé pour la luxuriance de ses champignons; un second groupe pour aller explorer le terrain de l’aqueduc du village et le champ récemment fauché par le beau-fils de Mme Cusson, juste à temps pour notre venue.

Était-ce la faute des nombreuses averses des deux dernières semaines si nous n’avons guère trouvé les champignons que nous cherchions? Les mycéliums présents dans le sol avaient eu toute l’eau souhaitée depuis la mi-septembre et ne se sentaient visiblement pas obligés de produire de beaux organes reproducteurs charnus pour essayer de déménager via leurs spores…

Parmi les comestibles, quelques bolets granulés trouvés au pied de jeunes pins blancs, quelques lépiotes lisses, quelques vesses-de-loup perlées et en forme de poire, une trentaine d’hygrocybes rouge ponceau, un bel hydne corail, une amanite fauve grosse comme une amanite tue-mouche (j’exagère à peine), un tricholome colombette : maigre butin au final!  Mais, j’ai eu l’occasion de tenir dans une main une belle lépiote lisse et dans l’autre main, une belle amanite vireuse, pour bien monter à tout le monde les ressemblances troublantes entre les deux espèces ainsi que leurs différences ténues, surtout au niveau de leur texture et décelables seulement au touche r: texture grasse et fragile pour l’ange de la mort, lisse et ferme pour la lépiote lisse (bien nommée).

Parmi les non comestibles, beaucoup de tricholomes couleur de vache et d’ inocybes laineux, deux tricholomes ruinés, trois tricholomes intermédiaires, des coprins disséminés (vraiment grêles, presque transparents), des russules à pied dissimulé, des lactaires à lait jaune, des polypores du bouleau, un scléroderme gros comme une orange, et de splendides pleurotes petit nid à forte odeur de gaz butane! Il fallait voir leurs chapeaux jaune canari et leurs lamelles orangées!

Coprin

Coprin

Nous avons profité de notre passage au comptoir de cette ferme paysanne pour faire quelques emplettes: des confitures maison, des bulbes d’ail ainsi que les derniers légumes bio du jardin ont complété le contenu de nos paniers…

Yvan Perreault
Président du CMLM

 

SORTIE DU 21 SEPTEMBRE À SAINT-JUSTIN

En dépit d’un temps plus qu’incertain, une douzaine de mycologues amateurs se sont réunis pour une belle excursion. L’absence de spécimens habituels pour la période ne faisait que confirmer une saison mycologique plutôt modeste. La forêt de M. Bellemarre nous a, malgré tout, offert une cueillette passablement diversifiée : 119 espèces recensées.

À la fin du repas, nous avons eu droit à une dégustation de biscuits aux lactaires à odeur d’érable (lactarius helvus), préparés par une participante. Quel plaisir de goûter ce champignon en dessert. Merci Francine.

Nous avons ensuite procédé au tri de la récolte sous l’œil averti et attentif de Joseph. Notre instructeur n’a pas ménagé ses efforts pour nous instruire, y allant tantôt de notions de mycologie, tantôt d’anecdotes. Nous avons même réalisé une sporée pour confirmer une identification.

Bref, encore une belle excursion et de belles découvertes.

Crucibulum laeve

Laccarius nobilis


Climacodon septentrionalis

Lépiote cortinaire

Ganoderme de la pruche

Merci à monsieur Bellemarre et à tous les participants.

Micheline Paris

 

SORTIE DU 13 SEPTEMBRE À SAINT-ÉTIENNE-DES-GRÈS

Plus de 100 espèces récoltées à la Ferme Éthier

Avec les nuages et le vent de ce samedi 13 septembre, on peut dire que la température annonçait l’automne. À l’heure du repas, les mycologues se cherchaient un endroit chaud pour déballer leur lunch. Quand le vent est glacial, les spécimens comestibles sont moins habités mais ça n’empêche pas de grelotter.

La période d’identification s’est tenue à l’abri dans l’ancienne serre de la Ferme Éthier. Les échanges entre la vingtaine de membres ont été très dynamiques. Tous les gens participaient, posaient des questions et donnaient leurs commentaires, leurs appréciations de comestibilité ou lançaient quelques anecdotes. 

Il y avait des spécimens inconnus,  des communs, des rares, des éblouissants, des colorés, des poussiéreux, des odorants, des secs et des visqueux.

Bientôt, la pluie, tapant sur la toile de l’abri, a obligé de tendre l’oreille. L’intérêt n’a pas diminué pour autant et nos animateurs bénévoles ont prolongé la période d’identification. Et, lorsque tout le monde fut parti, Joseph et André ont été déçus de ne pouvoir retourner dans le bois tant il faisait mauvais.

Merci aux mycologues présents, à madame Beaumier et à monsieur Éthier.

Richard Demers

 

ATELIER PRATIQUE DU COURS DU CMLM – DIMANCHE 7 SEPTEMBRE 2014

En ce dimanche assez frais de début de septembre, au Centre de Prière l’Alliance, situé sur le boulevard Parent entre le boulevard des Chenaux et le parc industriel des Hautes-Forges à Trois-Rivières, le CMLM a tenu sa journée de cours pratique qui succédait aux deux journées de cours théoriques données à Berthier les dimanches 2 et 9 mars derniers.  Comme le temps passe!

Ce centre de prière se trouve tout juste en face de l’Établissement de détention de Trois-Rivières, de façon assez opportune puisque cela permet aux mauvais cueilleurs de réfléchir à ce qui les attend s’ils se trompent un peu trop lourdement avec les champignons qu’ils font manger aux autres…

Lors de ces journées pratiques, l’avant-midi est consacré à une cueillette universelle, c’est-à-dire que les élèves cueillent tous les champignons qu’ils trouvent pour maximiser leur apprentissage lors du premier atelier d’identification qui aura lieu sur l’heure du midi, en mangeant. L’après-midi est consacré en revanche à une cueillette sélective, les élèves essaient alors de ne cueillir que les bons comestibles (en ayant bien sûr le droit de se tromper autant qu’ils le veulent…).

Le secteur boisé du Centre de Prière est assez vaste pour que près d’une vingtaine d’élèves puissent s’y promener pendant près de quatre heures, au total, sans repasser par les mêmes endroits.  Il y a là un véritable labyrinthe de sentiers tantôt larges, tantôt étroits, et plusieurs écosystèmes très différents, allant de l’érablière à bouleau jaune en fondrières à la pessière, en passant par une sapinière, une prucheraie et une pinède : un très bon choix de site suggéré par une de nos membres!

La liste des champignons cueillis serait trop longue à détailler ici, mais signalons au moins les plus belles récoltes de la saison (93 espèces).  Parmi les vénéneux et les toxiques, beaucoup d’amanites vireuses, d’amanites brunissantes, d’amanites tue-mouche, de paxilles enroulés et quelques bolets distingués.  Parmi les non comestibles, beaucoup de lactaires affinés, de russules à pied dissimulé, de russules laurier cerise et de ramaires cendrées. À ma grande surprise, nous n’avons trouvé presque aucun cortinaire…

Parmi les bons comestibles, les belles amanites rougissantes ont volé la vedette!  Même s’il s’est avéré que plusieurs d’entre elles manquaient légèrement de fraîcheur, il y en quand même eu assez pour qu’après un tri sévère, deux élèves puissent repartir avec un bon sac de golmottes pour chacun. Il y a eu aussi une belle récolte de russules compactes, délicieuse espèce très injustement sous-estimée, avec leur délicat arôme d’écrevisses fraîches… Et toujours en parlant de bonnes russules à manger, pour une rare fois, il y a eu une belle quantité de russules de Peck sur la table d’identification.

Autres comestibles intéressants cueillis en assez bonnes quantités pour que certains élèves puissent s’en confectionner un plat, des clitocybes ombonnés, des clitocybes à pied renflé (à manger sans les accompagner de boissons alcoolisées), des amanites fauves, deux gros cèpes d’Amérique absolument irréprochables de fraîcheur, des bolets insignes, des bolets blancs de neige et enfin, beaucoup de lactaires à odeur agréable…

Il y avait parmi nous une élève qui est sommelière au meilleur restaurant de Trois-Rivières, le Poivre Noir: elle se promet bien de faire goûter au chef quelques nouvelles espèces de champignons qu’elle a vues aujourd’hui et qui sont rigoureusement absentes de toutes les grandes tables d’Amérique du Nord, comme les golmottes et les russules compactes.  Voilà peut-être une heureuse retombée pour nos efforts de vulgarisation mycologique en Mauricie!

Yvan Perreault
Président du CMLM

 

SORTIE DU 6 SEPTEMBRE À SAINT-LOUIS-DE-FRANCE

Selon le Petit Larousse, présager signifie «annoncer par quelque signe». La vingtaine de mycologues qui ont marché dans les boisés sous la pluie battante ont bien compris que la température présageait d’une future poussée. Les boisés prometteurs, l’accueil des propriétaires et la passion ont fait oublier la pauvreté de la récolte.

Des échanges pertinents pour l’identification et la préparation culinaire des champignons comestibles, chacun y allant de son expérience, ont donné à l’après-midi une saveur particulière. On a eu une belle excursion comptant une cinquantaine d’espèces identifiées.

Richard Demers

 

SORTIE CONJOINTE AVEC LE CMAQ AU PARC DE LA VALLÉE DE LA JACQUES-CARTIER

Journée magnifique, chaude et ensoleillée en ce samedi 23 août. Décor grandiose. (Photos à venir) Soixante-quatorze mycologues dont quatorze du CMLM. L’entrée du parc était gratuite pour les membres. Le droit de cueillette étant limité aux abords des sentiers balisés, il a fallu respecter cette contrainte.

Même si la saison de cueillette dure plus longtemps pour les gens du CMLM, quand on rencontre beaucoup de cortinaires, c’est un indice que la saison de cueillette n’est plus à son commencement. Cette partie de la Jacques-Cartier verra les neiges bien avant le littoral du Saint-Laurent.

Les champignons récoltés étaient regroupés sur les tables selon leur apparence extérieure : les lamellés, les champignons à tubes, etc.

L'organisation de la cueillette
L’organisation de la récolte

Une partie de la récolte des lamelés

Un partie de la récolte des lamelés

Cette méthode facilitait la participation. Les animateurs n’avaient qu’à choisir des spécimens pour les décrire. Autant les côtés visuel, olfactif, tactile, gustatif, scientifique et même moléculaire ont été explorés pour l’identification des espèces. L’atmosphère était détendu et joyeux.

Un exposé de Roland Labbé

Un exposé de Roland Labbé

Michel Roux nous parle des bolets
Michel Roux nous parle des bolets

La principale difficulté dans l’organisation des sorties avec un autre groupe de mycologues, c’est d’avoir accès à un site facilement accessible pour chacun. On cherche donc un endroit à mi-chemin entre Québec et Trois-Rivières pour l’an prochain. Avez-vous des suggestions?

Merci aux organisateurs de cette belle rencontre qui favorise les échanges de connaissances entre les régions et les passionnés de mycologie.

Richard Demers

 

CONFÉRENCE ET CUEUILLETTE DU 16 AOÛT

C’est pas encore l’automne à Saint-Alexis-des-Monts… mais y faisait fret le 16 août dernier.
Il a fallu fermer les portes de la grange de madame et monsieur Lafrenière parce que Yolande Dalpé nous aurait entendu claquer des dents. Madame Dalpé, une sommité dans le domaine des mychorizes et auteure de centaines d’articles scientifiques, voulait nous parler de l’histoire des illustrations des champignons, son passe-temps.

Yolande en action
Yolande en action

Elle a dû écourter cette partie parce qu’il y avait eu tellement de questions sur les mychorizes que le CMLM projette de la faire revenir d’Ottawa pour nous entretenir uniquement de ces champignons microscopiques. Plus tard, il a fallu l’interrompre pour aller au dîner car, malgré le froid, tous les mycologues restaient captivés par ses propos.

La récolte et l'identification avec Richard, Joseph et Renée
La récolte et l’identification avec Richard, Joseph et Renée

On a eu le temps de cueillir une grande variété de champignons et assez de chanterelles pour que quelques mycophages puissent enfin y goûter.


Une découverte de Richard: une lépiote élevée « macrolepiota prominens »

Des clitocybes ombonés
Des clitocybes ombonés

Un champignon sur un autre champigon
Un champignon sur un autre champignon

Renée et Joseph ont détaillé avec maints détails les spécimens récoltés et, lorsqu’ils ont dû arrêter, les nuages, déçus, se sont mis à pleurer.

Ce fut une journée enrichissante et bien remplie. Le CMLM , en lui offrant un panier de produits locaux, a remercié notre conférencière. Merci à Yolande Dalpé et aussi à nos hôtes qui nous ont accueillis encore une fois dans leur domaine fleuri longeant leur lac.

Richard Demers

 

SORTIE DU 9 AOÛT 2014, À RAWDON – EXCUSION AUX ORONGES D’AMÉRIQUE

Sur le site de cette future ferme forestière qui pourrait être, un jour, productrice de faînes de hêtres et autres comestibles forestiers inusités, la ferme Zolluna, située aux abords du chemin du lac Gratten à Rawdon, un projet expérimental de permaculture de PFNL en multistrates, un verger-potager forestier, vient d’être implanté au printemps. Il s’agira d’une forêt nourricière qui sera peuplée de végétaux à parties comestibles composés en mosaïque pour que tout l’espace disponible, de la plus haute canopée jusqu’au sous-sol, soit mobilisé dans la production de denrées sauvages.

Pour avoir participé à l’inventaire des PFNL (Produits Forestiers Non Ligneux) dans le cadre du projet des vergers-potagers forestiers dans ce domaine boisé, j’ai eu l’occasion de voir, à l’été 2013, à quel point les amanites de Jackson y sont florissantes, essentiellement à cause de la hêtraie prédominante.

En ce début du mois d’août, sachant à quel point cette espèce un peu mythique pour de nombreux mycologues est thermophile, l’occasion était belle d’y tenir une excursion officielle du CMLM. Avons-nous trouvé des amanites de Jackson? Oui, mais pas des myriades, seulement de quoi remplir un sac pour un des membres présents, après avoir écarté les nombreux spécimens manquant de fraîcheur et qui auraient développé un déplaisant arrière-goût un peu métallique en bouche…

Au moins, chaque participant aura eu l’occasion de se familiariser un peu avec ces fameuses oronges d’Amérique, leurs vifs coloris, leur forme d’œuf rouge écarlate émergeant de leur épaisse volve blanche, leurs zébrures orangées sur les pieds jaune soleil… Quelle beauté que celle de ces amanites!

Par contre, en la quasi absence d’oronges d’Amérique, la variété des espèces cueillies était renversante : une soixantaine d’espèces au total!  M. Joseph Nuzzolese a animé l’atelier d’identification avec son brio habituel, reconnaisssant une multitude d’espèces présentant des caractères ingrats pour les amateurs de bons comestibles et qui ont l’habitude de ne pas leur consacrer assez d’attention : polypores et hydnes trop coriaces, russules et lactaires trop âcres, cortinaires déroutants, inocybes, hébélomes… Les bolets non comestibles du sous-genre Tylopilus étaient très présents : bolets amers, bolets distingués, bolets rouges-bruns.  Il y avait aussi quelques bolets occasionnellement ramassés, comme le bolet subtomenteux et le bolet à pied orné. Les collybies butyracées, maculées et des chênes tenaient une bonne place.  Il y avait évidemment une bonne portion d’amanites brunissantes, vireuses, tue-mouche et à voile jaune.

Ce fut là un excellent atelier de mycologie, animé par un mycologue chevronné. Notons que parmi les membres présents, Mme Renée Lebeuf aura apporté aussi une solide contribution dans l’identification des spécimens cueillis.  C’est une grande chance pour le CMLM de pouvoir compter sur leur expérience et sur l’acuité de leur regard, champignons en main.  Mille mercis à eux!

Yvan Perreault
Président du CMLM

 

SORTIE DU 26 JUILLET À ST-PAULIN

Belle journée aux chanterelles

Comme la plupart des 36 mycologues fouillant les boisés des deux sites privés de Saint-Paulin, en Mauricie, j’imaginais les belles chanterelles qui activaient déjà mes papilles gustatives. Il faisait un temps splendide dans une forêt prometteuse mais les carpophores sont restés cachés dans le sol assoiffé.

Au moment du lunch au Domaine et Vins Gélinas de St-Sévère, les arômes d’un verre de vin blanc, rouge ou rosé ont ajouté aux images de cette belle excursion.

la récolte
La récolte

Le groupe a identifié 82 espèces de champignons et, avec l’aide de nouveaux membres plus expérimentés, certaines espèces sans intérêt pour les mycophages ont enfin révélé leur nom.
L'identification par Francis
L’identification par Francis

L'identification par Richard
L’identification par Richard

Deux volvaires sur le tronc d'arbre
Deux volvaires sur un tronc d’arbre

Deux spécimens rares selon Joseph!
Deux spécimens rares selon Joseph!

Merci aux propriétaires qui nous ont accueillis sur leur terrain de même qu’à Francis, Joseph, Renée et à tous les participants.

Richard Demers

 

SORTIE DU 20 JUILLET À BATISCAN

Samedi le 20 juillet avait lieu, à l’entrée du Parc de la rivière Batiscan par la porte de Saint-Narcisse, la première excursion véritablement estivale de notre saison mycologique 2014.  L’activité prévue au programme était double, voire triple!  D’abord un passionnant atelier d’identification des arbres de la flore laurentienne, animé par notre hôte, M. Alain Guay.  Les feuillages des principaux conifères et feuillus susceptibles d’être rencontrés lors de nos promenades en forêt ont été passés en revue, des sapins baumiers aux épinettes en passant par les pins rouges, blancs et gris, les mélèzes, les thuyas et les pruches, sans oublier les différentes espèces d’érables indigènes (à sucre, rouges, à épis, à Giguère, de Pennsylvanie), les ormes d’Amérique, les hêtres, les tilleuls d’Amérique, les frênes blancs (ou d’Amérique), rouges (ou de Pennsylvanie) et noirs, les ostryers de Virginie, les chênes rouges et à gros fruits, les noyers noirs et cendrés, les peupliers à grandes dents, baumiers et faux-trembles, les boulots jaunes, gris et blancs. 

On ne saurait trop rappeler à quel point il est utile de connaître les associations entre arbres et champignons lorsqu’on se lance à la cueillette des champignons sauvages!  En deuxième partie de cet atelier, j’ai rappelé quelles sont les principales espèces de champignons tant prisés en gastronomie et qui sont associés avec ces différents arbres.  Avec les peupliers, au printemps, les morilles (blondes et brunes), les verpes, les mitrophores et les premières pleurotes sur les troncs blessés ou morts de ce groupe.  Avec les frênes, sur les troncs maladifs, les polypores écailleux (encore au printemps) et les flammulines (ou collybies à pied velouté) à l’automne. Avec presque tous les conifères, sauf les cèdres, les chanterelles, les golmottes (ou amanites rougissantes), les lactaires hygrophores, les lactaires couleur de suie, les cortinaires remarquables, les gomphes clavés, et tant et tant d’autres espèces!  Avec les chênes et les autres arbres à noix, incluant les caryers ovales, les meilleurs bolets de type cèpe qui puissent se trouver dans le monde entier : bolets à pied variable, bolets à tubes détachés, bolets magnifiques, bolets de Horton, cèpes d’Amérique – maintenant désignés sous le nom très judicieusement choisi de « bolets des Chippewas », en l’honneur de cette nation amérindienne de la région des Grands Lacs qui les avaient adoptés dans leur cuisine. 

Parlant de noix, sur l’heure du midi, les participants ont eu la chance de se régaler de certaines noix nordiques qui étaient cassées sur place grâce à des casse-noix spéciaux, pour mieux venir à bout de leurs écales très dures : noix de noyer noir, de noyer cendré, de caryer ovale, pacanes du nord et noix en cœur. De bien belles découvertes pour la plupart des gourmands présents!  

La récolte du 20 juillet 2014

En après-midi, juste après le pique-nique, et même s’il est un peu tôt pour espérer trouver vraiment beaucoup de champignons, une excursion dans les sentiers du parc de la rivière Batiscan a eu lieu.  Plusieurs comestibles forestiers ont été amenés à l’attention des vaillants explorateurs bravant les moustiques au plus fort moment de leur soif de sang humain : fruits sauvages (streptopes roses, aralie à tige nue, maïanthème, smilacine, sureau rouge), laitues sauvages (orpin, plantain forestier, oxalide surette, calla, érythrones), boissons potentielles (sumac vinaigrier pour la sumacade, spirée blanche en fleurs pour thé du Canada), fleurs comestibles (hémérocalles fauves)…

Russule compacte

Côté champignons, les chanterelles communes (ou girolles) pointaient tout juste hors du sol, et nous avons dû puiser dans nos réserves d’altruisme pour les laisser en place pour d’autres qui viendront dans les prochaines semaines, le temps qu’elles grossissent! Et nous avons fait de belles trouvailles!  Les amanites brunissantes (Amanita brunnescens) étaient luxuriantes et nombreuses, à la différence des amanites rougissantes (Amanita rubescens) qui n’étaient qu’un timide trio. Beaucoup de spécimens isolés : un amadouvier (Fomes fomentarius), un reishi (ou ganoderme des pruches, Ganoderma tsugae), une poignée de grosses russules des marais (Russula paludosa), de toutes petites russules de Marie (Russula mariae), deux ou trois russules boréales (Russula brunneola), une seule russule variable (Russula variata).

Amanites

Quelques raretés : un lactaire paradoxal (Lactarius oculatus), un hygrophore jaune graisseux (Hygrocybe flava), un bolet subtomenteux (Suillus subtomentosus), une amanite crénelée (Amanita crenulata), un entolome superbe (Leptonia faliomaxinata).  Et à la toute fin, parmi les meilleurs comestibles, une demi-douzaine de russules compactes (Russula compacta) au bon arôme d’écrevisses fraîches et autant de champignons-homards (ou dermatoses des russules, Hypomyces lactifluorum). Pas mal pour un milieu de juillet, alors qu’on ne trouve normalement que de vilains tricholomes à larges feuillets (Megacollybia platyphylla) sur les souches pourries!

Russule boréale

Champignon homard

Hydnes

 

L’excursion avait été initialement prévue pour cueillir des oronges d’Amérique, ou amanites de Jackson (Amanita Jacksonii), une période de temps chaud ayant précédé notre venue laissant présager le succès à cet égard, mais il s’est avéré que les peuplements de bouleaux jaunes et de chênes rouges n’étaient pas assez importants à cet endroit pour abriter une population de ces champignons superbes, qui sont souvent choisis comme emblèmes par les groupes de mycologie du nord-est de l’Amérique! Ils sont aussi savoureux cuits et refroidis, en salade d’agrumes ou en couscous…  Mais pas de regrets, nous verrons lors d’une de nos excursions suivantes, qui doit se dérouler dans une forêt presque entièrement constituée de hêtres matures, à Rawdon, si nous pouvons nous rattraper!

Yvan Perreault
Président du CMLM

 

SORTIE DU 7 JUIN À L’ASSOMPTION

Pour la troisième année consécutive, ce samedi 7 juin 2014, le CMLM a animé sa maintenant traditionnelle excursion de cueillette de strophaires rouge vin à la Pépinière Villeneuve de l’Assomption.


Le groupe

L’endroit est particulièrement fécond en beaux carpophores de cette espèce succulente, au point où il y a maintenant des cueilleurs professionnels de l’entreprise bien connue en PFNL de St-Roch-de-l’Achigan, les Jardins Sauvages, qui viennent les cueillir par dizaines de kilos pour approvisionner le comptoir de comestibles forestiers du Marché Jean-Talon! M. Pierre Villeneuve, le grand patron de la pépinière, et M. François Brouillard, le fondateur des Jardins Sauvages, nous ont d’ailleurs confirmé qu’il y avait désormais une entente commerciale de cueillette exclusive entre les deux partenaires. C’est donc dire que le CMLM aura eu droit à un traitement de faveur pour cette excursion! Merci à M. Villeneuve et à toute son équipe pour cet accueil!

Une menace d’infestation des petits conifères par des chenilles a malheureusement forcé les gens de la pépinière à répandre, deux jours avant notre arrivée, un insecticide dans deux des trois parcelles de terrain que notre groupe se destinait à visiter. Ce qui a fait en sorte que les carpophores pleins de plusieurs millions de bonnes spores des strophaires cueillis dans ces deux parcelles ont dû être destinés à l’ensemencement, sur du paillis de bois d’érable et autre feuillus, par quelques membres, plutôt qu’aux expériences de cuisine!

Nous avons tout de même trouvé deux ou trois kilos de strophaires rouge vin irréprochables à l’orée de la forêt, là où commencent les sentiers de la pépinière. Ils seront fort appréciés lors d’un grand banquet spécial, entièrement constitué de comestibles forestiers, qui se tiendra en grande finale de la formation en quatre modules de cueilleurs de PFNL au Jardin des noix, une semaine plus tard… Pas d’inquiétude, les strophaires rouges vin sont réputés bien se conserver tout ce temps au frigo.


Strophaire rouge vin

Autre découverte intéressante, beaucoup de tricholomes à larges feuillets sur différentes grosses souches aux abords des sentiers aménagés de la forêt appartenant à la pépinière. Comme plusieurs spécimens étaient particulièrement frais, deux membres du Cercle se sont portés volontaires pour des essais en cuisine avec cette espèce jugée comme étant comestible, mais médiocre. Qui sait? Peut-être ces tricholomes attendent-ils LE chef envoyé par le destin pour révéler au monde leurs saveurs secrètes?


Tricholome à larges feuillets

Deux autres espèces poussant sur le paillis de bois de feuillus, en plein soleil, entre les arbrisseaux en démonstration, ont été trouvées en abondance: des hébélomes croûte-de-pain (Hebeloma crustuliniforme) et des pholiotes écumeuses (Pholiota spumosa), croyons-nous. Enfin, il y a eu des coraux de ramaires strictes (Ramaria srtricta), des tramètes versicolores, quelques polypores des pins bien frais, parmi les espèces les plus remarquables.


Hébélome croûte-de-pain


Pholiote écumeuse


Coprin

Pour laisser les cueilleurs professionnels tranquilles l’année prochaine, il est évident que le CMLM se mettra d’ores et déjà à la recherche d’un nouveau site pour la cueillette des strophaires rouge vin en 2015. Particularités recherchées: un sol en forêt sur lequel ont été répandues de bonnes quantités de brin de scie et de copeaux d’érable à sucre – par exemple, pour tapisser des sentiers. Il faut noter que la pénombre de forêt est souhaitable si on veut que les strophaires développent leurs vif coloris rouge vin sur leurs chapeaux, jaune moutarde sur le pied et mauves à l’arête des lamelles: ça fait plus joli…

Comme le strophaire rouge vin est l’un des rares champignons comestibles à aimer proliférer au coeur de juin, on comprendra qu’il est impossible de ne pas le faire figurer en bonne place dans le calendrier des activités du Cercle, voire de faire de sa cueillette un véritable rituel de la fin du printemps…

Mais notez que ce « géant des jardins » produit de bonnes fructifications jusqu’en octobre, parfois! C’est une espèce à apprivoiser en priorité.

Bonnes cueillettes et bonnes découvertes lors du retour en force des champignons au début du mois d’août!

Yvan Perreault

 

SORTIE DU 25 MAI À LAVALTRIE

Le dimanche 25 mai 2014 a eu lieu une excursion du CMLM dans les vastes plantations de peupliers hybrides de Sylva Croissance à Lavaltrie.  Partis à la recherche de morilles pour cette première sortie printanière du Cercle, nous avons été reçus avec une extrême amabilité par le propriétaire, M.Patrice Moreau, qui nous a emmenés au travers de vastes et très belles terres agricoles, sur des chemins de terre, jusqu’au site de sa première plantation expérimentale en 2002, à partir de laquelle les cueilleurs ont pu essaimer dans toutes les autres parcelles.


Le groupe

Il est connu que les morilles aiment bien décomposer les feuilles mortes de peupliers baumiers et autres peupliers comme les faux-trembles et les peupliers à grandes dents.  La question de savoir si des morilles pourraient proliférer dans des plantations exclusives de peupliers hybrides allait être enfin résolue en ce beau dimanche ensoleillé, pensions-nous.  Mais après deux heures et demie de recherches menées par quelque 65 visiteurs, qu’en a-t-il été? Absolument aucune morille, hélas!

Par chance, de bonnes quantités de polypores écailleux bien frais, aux délicats arômes de noisette, de melon d’eau et de céleri rave ont été trouvés en périphérie des parcelles de peupliers, sur des frênes blancs mourants!  Les plus tendres dryades (nom vernaculaire des polypores écailleux) ont été partagées rapidement entre quelques fins palais, les moins tendres (mais encore remplies de fraîcheur) ont été envoyées à la confection de délicieux bouillons…


Le polypore écailleux

M.Joseph Nuzzolese nous a donné à admirer, toujours parmi les bons comestibles, deux belles touffes de pleurotes du peuplier, au délicieux arôme d’anis: probablement la meilleure espèce de pleurote de la flore laurentienne! Ces pleurotes ont été trouvés sur des peupliers faux-tremble morts en dehors des plantations en tant que telles. Il y a également eu deux petites talles de coprins micacés qui ont ramassées (une espèce intéressante à consommer mais sans l’accompagner d’aucune boisson alcoolisée, cependant).

Parmi les non comestibles, il y avait beaucoup de tramètes: versicolores, du bouleau, gibbeux, ochracés, suavolens, conchipes.  Il y avait aussi des xéromphalines de Kauffman, des stérées hirsutes, des ganodermes des artistes et des amadouviers, bien pratiques aux Amérindiens jadis pour transporter leur feu…


La récolte

Maintenant, la grande question que tout le monde se pose, c’est: pourquoi diable n’avons-nous pas trouvé de morilles dans un site qui s’annonçait pourtant si prometteur?  Plusieurs raisons expliquent cette déroute, cette débâcle dont le président du CMLM, instigateur de l’activité, doit maintenant assumer le blâme! Premièrement, il semble qu’un microclimat chaud ait été à l’oeuvre sur ce site: les plantes forestières, particulièrement l’anthrisque des bois, avaient poussé avec une vigueur surprenante durant la semaine, masquant tous les sols et rendant quasi impossible la détection des morilles qui auraient quand même pu être au rendez-vous: il y en a beaucoup qui ont été cueillies ailleurs dans Lanaudière, au même moment.

Deuxièmement, le sol semblait être d’une tessiture un peu trop riche pour des morilles: il y avait là une belle glèbe brune un peu noirâtre, bien différente des sols pauvres et sablonneux que préfèrent nos ascomycètes préférés. Troisièmement, les peupliers hybrides eux-mêmes semblent ne pas produire assez de feuilles pour constituer de beaux humus à décomposer par des morilles: après tout, n’oublions pas qu’il s’agit ici de variétés spécialement sélectionnées pour la croissance rapide des fûts en vue de produire de la pulpe ou de la biomasse, avec le moins possible de branches…

Quoi qu’il en soit, le site que nous avons visité était inhabituel et spectaculaire.  Il faut espérer que personne ne voudra tenir rigueur de cet échec trop longtemps au malheureux animateur de l’excursion qui avait pourtant promis planifié dans son agenda de faire rentrer chacun chez soi avec un gros panier plein de morille sous chaque bras…

Yvan Perreault, Président du CMLM

 

Mis à jour le 12 septembre 2014