Liste des cueillettes au 2015-10-23

Recette suggérée : Raviolis aux pieds bleus

Résumé des excursions

Pour visualiser le compte-rendu d’une excursion, veuillez cliquer sur la date de l’activité.

2015-05-16 - TROIS-RIVIÈRES (Morilles)

Samedi le 16 mai à Trois-Rivières, le CMLM tenait sa sortie inaugurale du printemps 2015!  Sur les vastes terrains boisés appartenant à la compagnie Intragaz, où il y a jadis eu des prélèvements de gaz naturel par des fermiers jusque dans les années cinquante avec des moyens artisanaux (et quelques incidents explosifs, d’après les légendes locales!), pas moins d’une cinquantaine de membres du Cercle et de visiteurs ont pu s’égayer à la recherche des mythiques morilles blondes. Hélas sans résultat!

Participants

Les participants du 16 mai

Néanmoins, parmi les espèces comestibles, des polypores écailleux (appelés aussi dryades) ont pu être cueillis sur des érables à giguère, des coprins noir d’encre (Coprinus atramentarius) ont pu être exposés – provenant d’une pelouse extérieure au site – et un jeune chaga (Inonotus obliquus) poussant sur un bouleau gris a pu être étudié par tous les curieux, mais défense de le cueillir : il était encore trop petit et trop jeune, n’ayant traversé qu’un seul hiver. Il sera bien plus intéressant de le revoir en janvier prochain…

Polypore ecailleux

Polypore écailleux

Justement, à propos du chaga, un membre de notre Cercle, M. Robert Ciesielski, qui nous avait régalés d’une belle conférence sur l’étymologie des noms de champignons lors de notre AGA le dimanche 12 avril dernier, m’a communiqué une de ses excellentes idées cette semaine : nous pourrions organiser une excursion de cueillette hivernale de cette succulente espèce, en décembre ou en janvier!  En raquettes et alors qu’une bonne couche de neige sera tombée, pour nous assurer que les chagas auront eu le temps de grossir au maximum et de développer tous leurs sucres, sous l’action du froid!  Je vous en reparle cet automne, promis!

Chaga

Chaga

Être infructueux en morilles nous aura permis de nous pencher d’un peu plus près sur les différents trésors gourmands de la forêt qui ne demandaient qu’à nous dédommager de notre déception…  Ainsi, sur ce site caractérisé par un sol sablonneux et aux très larges lisières de forêts bordées de bouleaux gris, nous nous sommes familiarisés avec les spirées à larges feuilles (qui donneront le délicieux thé du Canada lorsqu’elles seront plus avancées, avec leurs fleurs blanches), nous avons goûté à l’aïle-douce (feuilles, tiges florales et fleurs des érythrones d’Amérique), aux jeunes feuilles croustillantes de la clintonie boréale, au gaillet piquant, aux fleurs d’un cerisier à grappes et à de très gros fruits de thé des bois, bien sucrés et bien parfumés après tout un hiver passé sous la neige. Nous avons aussi vu que les maïanthèmes du Canada, les sureaux rouges et les aralies à tige nue seront fertiles en succulents  fruits cet été.

Violette printanière

Violettes printanières

Pourquoi n’avons-nous pas trouvé de morilles dans ce site qui paraissait si prometteur?  Un des nouveaux administrateurs du CMLM cette année, M. Daniel Lachance, spécialiste des comestibles sauvages et des aménagements de forêts nourricières nordiques avec sa jeune entreprise, « Le chêne aux pieds bleus », nous a apporté un élément de réponse en suggérant que si les morilles aiment bien décomposer les feuilles mortes de bouleau, il faudrait aussi qu’il y ait des peupliers parmi eux, peut-être pour leur servir de compagnons mycorhiziens. Les bouleaux gris ne suffisent pas pour les morilles!

C’est donc dire que notre prochaine excursion aux morilles devra être tenue là où il y aura des peupliers faux-trembles, des peupliers à grandes dents ou encore mieux, des peupliers baumiers pour que cesse la série malchanceuse du CMLM avec cette espèce furtive et fascinante…

Yvan Perreault
Président du CMLM

2015-06-06 - STE-ÉMILIE-DE-L'ÉNERGIE (Strophaires rouge vin)

Samedi le 6 juin à Ste-Émilie-de-l’Énergie, belle cueillette de strophaires rouges vin (Stropharia rugosoannulata) lors de cette seconde excursion du CMLM chez madame Marie-Claude Forget, sur le Rang de la Seigneurie!

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Il faut dire que tous les spécimens recueillis ont cependant été trouvés chez un de ses voisins, mais en assez grande quantité pour que chacun reparte avec son contenant de beaux spécimens bien charnus et complètement dénués de larves!  Toute cette cueillette a pu se faire sur un seul site de pelouse mêlée de paillis de bois de feuillus de quelques dizaines de pieds carrés, devant une maison, en quelques minutes.  Une écologie bien particulière pour cette espèce qui aime proliférer une première fois au début de juin, pour revenir en force à intervalles réguliers durant tout l’été, parfois jusqu’en octobre!

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Strophaires rouge vin

Parmi les 26 participants, plusieurs sont aussi repartis avec les moins beaux spécimens pour les ressemer dans des litières de copeaux.  Le succès est plus que probable, ce n’est pas pour rien qu’on appelle ces strophaires les « géants des jardins »!

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Strophaires pour ensemencer

En dehors de ces strophaires rouges vin, une autre espèce gastronomique de printemps a pu être trouvée en abondance : de délicieuses pleurotes du peuplier (Pleurotus populinus) grâce à monsieur Gaétan Coutu! Leur fragrance d’anis et leur bon goût de beurre, de crème et de noisettes raviront bien des papilles!

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Pleurotes du peuplier

Le site forestier a surtout été vidé de ses vieux polypores des pins, de quelques coprins quadrifides et, au niveau des plantes printanières, de belles et succulentes feuilles d’érythrone d’Amérique, aussi appelée « aïle-douce ».

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Coprins quadrifides

Aile douce

Aïle douce

Mais attention! Les prés herbeux, parcourus par les chevaux, devraient être prodigues en agarics, en marasmes des Oréades et en vesses-de-loup géantes plus tard à la fin de l’été; y retourner pour de plus amples recherches serait judicieux…

Yvan Perreault
Président du CMLM

2015-07-26 - BATISCAN (Atelier sur les arbres) ET TROIS-RIVIÈRES (Chanterelles)

Un programme double pour le CMLM!

En ce beau dimanche 26 juillet 2015, le CMLM commence son été en force!

Tout d’abord, en avant-midi, au parc de la rivière Batiscan, dans le secteur Saint-Narcisse, M. Alain Guay, technicien forestier et pédagogue chevronné, a animé pour la quatrième année consécutive un atelier d’identification des arbres indigènes de nos forêts.  Avec des spécimens de branches remplies d’aiguilles et de cônes, les principaux conifères ont été passés en revue (sapin baumier, épinette blanche, pin gris, pin rouge, pin blanc, thuya, mélèze laricin et mélèze hybride).

Le groupe

Le groupe à l’atelier sur les arbres

J’ai enchaîné avec quelques-unes des espèces de champignons sauvages gastronomiques qui leur sont fortement associés, en rappelant que la liste exhaustive des champignons aimant les épinettes et les sapins baumier serait trop longue à dresser! Rappelons qu’il faut éviter de chercher des champignons dans les cédrières si on ne veut pas perdre son temps, que les bolets à pied creux (Suillus cavipes) et les nonnettes pleureuses (Suillus grevillei) aiment vraiment d’un amour passionné les mélèzes, que les girolles (Cantharellus cibarius) se plaisent au pied des grandes épinettes, que les matsutakés (Tricholoma magnivelare) sont cueillis dans la mousse qui couvre le sol des plantations de pin gris et que les pins rouges abritent souvent de belles collections de tricholomes prétentieux à la toute fin de l’automne.

Alain

Puis, M. Guay nous a présenté le monde des feuillus, avec des branches chargées de feuilles et fraîchement coupées soit la veille, soit le matin même, pour bien nous montrer les différences entre eux : chêne à gros fruit, chêne rouge, érables à sucre, rouge, à giguère et de Pennsylvanie, bouleaux blanc et gris, peupliers à grandes dents, baumier et faux-tremble, frêne blanc, tilleul, orme, noyer noir et sorbier du Nord.

Pour mémoire, parmi les champignons convoités par les gastronomes, j’ai évoqué les entolomes avortés, les hygrocybes, les volvaires, les strophaires et les pleurotes poussant avec les érables ou sur leur matière ligneuse, les polypores à chair tendre et succulente parasitant les chênes (pieds-de-griffon, polypores soufrés, fistulines hépatiques), les morilles aimant décomposer les feuilles mortes de peuplier ou les systèmes racinaires morts des ormes…

Une excursion de cueillette a suivi, avec la permission toute spéciale des gens travaillant au parc.

Chaga

Chaga

Vingt-deux participants ont pu trouver des chanterelles communes, des pleurotes en forme d’huître bien hâtives, quelques dermatoses des russules, un gros morceau de chaga (Inonotus obliquus), un bolet bleuissant (Gyroporus cyanescens), quelques bolets à pied velu (Boletus subvelutipes) parmi les comestibles; parmi les vénéneux, beaucoup de paxilles à pied noir, une demie douzaine d’amanites brunissantes,

Amanites

Amanites

diverses russules à chapeau rouge et à chair fragile (russules des forêts, russules rugueuses…), beaucoup de russules laurier cerise (Russula laurocerasi).

Une cueillette étonnamment fructueuse pour cette fin de juillet!

En après-midi, et en complément de programme, le CMLM s’est rendu au boisé Chateaudun, à Trois-Rivières, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.  Ce boisé est constitué pour les trois quarts d’une plantation de pins gris de trente-cinq ans d’âge.  De larges sentiers le parcourent en tissant un réseau parcouru par les coureurs, les cyclistes et les marcheurs : tous des gens trop occupés pour voir les champignons qui poussent un peu partout…

Encore une fois, des chanterelles y ont été cueillies en bonne quantité mais toutes par une habituée de l’endroit qui s’est dépêchée de se rendre dans le secteur de ce boisé où sont concentrées les épinettes…

Chanterelles communes

Chanterelles communes

Lors de la seconde séance d’identification qui a conclu la journée, les trente participants ont pu se familiariser, en plus des girolles, avec plusieurs amanites précoces, des amanites citrines, des lépiotes en bouclier, deux bolets amers, des bolets châtains (Gyroporus castaneus), des tricholomes à larges feuillets (Megacollybia plathyphylla), parmi les espèces qui ont soulevé le plus d’interrogations…

Les noisetiers à long bec, la smilacine étoilée, le mélilot blanc, le thé des bois et le thé du Canada ont aussi été présentés aux participants comme quelques-uns des nouveaux comestibles vedettes de la gastronomie nordique… Une tendance qui commence à gagner les meilleures tables du Québec et où certaines espèces de champignons sauvages particulièrement savoureuses et inédites sont appelées à faire leur marque!

Voilà un début d’été qui n’a pas laissé de nous étonner, avec une abondance de fructifications hâtives.  Les températures en dents de scie, assimilables à l’automne pour les champignons, expliqueraient en bonne partie pourquoi on retrouve dès maintenant des représentants de certaines espèces qu’on s’attendrait à ne voir émerger qu’à partir de la fin de septembre…

Yvan Perreault
Président du CMLM

2015-08-08 - ST-AMBROISE-DE-KILDARE (Oronges d'Amérique)

Une excursion aux oronges au Jardin des noix

Le samedi 8 août 2015 avait lieu l’excursion aux oronges du CMLM.   Une activité qui est sur le point de devenir une classique annuelle pour notre Cercle!

Oronges en nature

Oronges en nature

Même si rien n’est plus aléatoire que les fructifications d’une espèce en particulier et qu’un échec relatif est plutôt la règle, quand on organise une cueillette axée plus particulièrement sur une seule espèce, dans des forêts mixtes…

Pour essayer d’augmenter nos chances de récoltes fructueuses d’amanites de Jackson (appelées de façon vernaculaire « oronges d’Amérique »), j’ai décidé d’emmener carrément les membres de notre cercle sur mes propres talles, dans la forêt qui flanque mes vergers d’arbres à noix, au 511 rang Kildare, à St-Ambroise-de-Kildare.

Nous aurions dû connaître le succès l’an dernier à la ferme forestière Zolluna de Rawdon, dans les vastes hêtraies bien matures qui constituent l’essentiel du couvert boisé à cet endroit, mais il avait fait vraiment sec durant les trois semaines précédentes…

Assortiment d'amanites de Jackson

Assortiment d’amanites de Jackson

Cette fois, avec les pluies succédant aux journées chaudes, nous avons été servis!  Les oronges ont effectivement été l’espèce la plus abondamment cueillie et plusieurs participants à cette activité ont pu repartir avec un sac rempli de beaux spécimens et de judicieux conseils de cuisine!

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Oronge de toutes les tailles – De l’oeuf jusqu’à maturité

Les enfants ont eu beaucoup de plaisir à partir en avant, en éclaireurs dans les bois, pour être les premiers à trouver les oronges qui formaient de beaux œufs rouges sortant de leur grosse volve blanche.  Nous étions comme à la chasse aux œufs de Pâques!

Les russules compactes ont été la seconde espèce cueillie avec le plus de succès, mais la plupart des spécimens se sont avérés un peu trop vieux et remplis de larves…  Ces russules auront quand même été partagées entre différents membres intéressés à ressemer les carpophores dans des habitats propices, c’est-à-dire des fondrières de grosses épinettes et de grosses pruches au sol couvert de belle mousse, de préférence.

Sait-on jamais? Bientôt, de nouvelles talles de cette délicieuse espèce, très méconnue, au bon goût de fruits de mer, pourraient être créées un peu partout dans des boisés privés de Lanaudière et de la Mauricie!

Quelques participants

Quelques participants

La cinquantaine de personnes présentes ont eu la chance de voir aussi sous toutes leurs coutures deux espèces de bolets non comestibles, les bolets distingués (Tylopilus eximius, récemment renommés Sutorius eximius) – qui sont même vénéneux, les bolets rouge-brun (Tylopilus rubrobrunneus) et les bolets amers (Tylopilus felleus).  Rien d’étonnant à cela, ce sont des bolets thermophiles, qui synchronisent souvent leurs fructifications en août avec celles des oronges.

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Chanterelle à flocons

Hydne sinué

Hydne sinué

Clitopile petite prune

Clitopile petite prune

Et dans l’ensemble, la cueillette aura été vraiment bonne, les spécimens cueillis remplissant la surface de pas moins de cinq grandes tables de pique-nique!

Une partie de la récolte

Une partie de la récolte

Des russules insipides, des russules fragrantes, des amanites mortelles, des bolets comestibles, des girolles, des gomphes à flocons, des climacodons, quelques pieds-de-mouton… Ne manquez pas de jeter un œil sur la liste des espèces trouvées pour vous en faire une idée plus détaillée!

Yvan Perreault
Président du CMLM

2015-08-15 - ST-ALEXIS-DES-MONTS (Champignons d'été)

Le samedi 15 août 2015 avait lieu l’excursion chez la famille Lafrenière de Saint-Alexis-des-Monts.

Quelle belle journée dans un décor enchanteur! Le soleil était au rendez-vous, des gens charmants et intéressants parcouraient les bois et que dire de l’accueil chaleureux de nos hôtes, Jacques et Denise. Plus de 25 personnes s’y étaient donné rendez-vous.

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Le groupe des participants

Il était  très agréable de se promener dans les bois sur les sentiers très bien aménagés à travers les nombreuses essences d’arbres.

En forêt, sur les beaux sentiers des Lafrenière

En forêt, sur les beaux sentiers des Lafrenière

Pour le dîner nous étions réunis sur le bord du lac avec des tables installées pour notre confort.

La cueillette a été très fructueuse; Mme Renée Lebeuf, notre experte, a identifié 133 espèces de champignons. Elle a su nous captiver avec des explications pertinentes sur les spécimens cueillis.

Une belle récolte!

Ce fut une journée enrichissante, fructueuse et très agréable à saveur familiale.

Madeleine Lacombe
Trésorière

2015-08-19 - TERREBONNE (Première excursion surprise)

Une première excursion surprise en ce mois d’août 2015

Mercredi 19 août, de façon quelque peu inopinée, les membres du CMLM ont été invités à la première des excursions surprises de 2015.  Pour bien couvrir tout le territoire de Lanaudière, décision a été prise cette fois d’aller explorer un boisé étonnant et méconnu de la plupart des Lanaudois et qui est situé à l’extrême pointe sud de cette région : le boisé de la Coulée de Terrebonne!

Ce parc immense s’étend de la cour arrière de l ‘école des Trois-Saisons, englobe le territoire retombé en friche de l’ancienne pépinière de la Ville de Montréal et va se perdre au loin vers Bois-des-Filion, en contournant par le nord le terrain de golf du Versant.  Il est très bien aménagé pour les cueillettes de champignons, les sentiers sont larges, bien dessinés et bien assolés, les sous-bois sont bien dégagés, la vue plongeante sur la fameuse coulée est vertigineuse, tout cela est très convivial : un gros changement par rapport à tant de ces forêts enchevêtrées et quasi impénétrables où le CMLM est si souvent allé!  Plusieurs membres ont d’ailleurs suggéré qu’il faudrait vraiment y retourner en excursion régulière l’année prochaine.

Chose certaine, nous ne manquons pas de superbes sites à visiter dans Lanaudière ou en Mauricie!

L’animateur de cette excursion ayant été pris dans un embouteillage monstre à Laval, l’excursion a commencé avec un bon trois quarts d’heure de retard, mais presque tous les membres présents ont eu la bonté d’attendre et de pardonner au fautif (votre serviteur, qui ne s’y fera plus prendre…).

Obéissant au principe cosmique « ceteris paribus » (toute chose étant égale par ailleurs), si l’excursion a commencé avec 45 minutes de retard, elle aura fini 45 minutes plus tard que prévu.  Impossible de faire tenir une excursion, même surprise, en moins de deux heures même si le soir tombe à la fin des identifications!

Les lactaires controversés ou lactaires des peupliers (Lactarius controversus), de gros lactaires très semblables aux fameux lactaires décevants mais à lamelles roses, auront à eux seuls occupé presque le quart de la table d’exposition.  Les bolets pomme de pin (Strobilomyces strobilaceus) auront aussi été en vedette, au point que trois membres sont repartis avec des sacs, pour les faire sécher.

Bolet pomme de pin

Bolet pomme de pin

Parmi les autres champignons remarquables qui ont été ramassés, notons beaucoup d’amanites fauves, de belles amanites vireuses avec une odeur de patate pourrie très prononcée, des lactaires du Canada (assez rares), des clavaires fusiformes, des bolets du sous-genre Leccinum (insignes et rugueux, surtout), des chanterelles cinabres (une bonne poignée), des cèpes, des bolets à pied variable, des bolets bais, des bolets à pied glabrescent, des clitopiles petite prune et enfin, beaucoup de cortinaires à bracelets.

Oui, c’est décidé, nous y retournerons l’année prochaine!

Yvan Perreault
Président du CMLM

2015-08-23 - ST-PAULIN (Conférence de Mme Renée Lebeuf)

Dans les sentiers du Baluchon

Lors de cette journée-conférence mémorable, en avant-midi, Mme Renée Lebeuf nous a littéralement éblouis avec sa présentation de photographies de champignons rares prises par elle au fil des années. Le soin infini qu’elle apporte à chaque prise d’images lui permet de faire ressortir pour chaque espèce ses caractéristiques les plus marquantes et d’en révéler de façon éclatante les beautés secrètes.

Conférence sur La beauté des champignons par Renée Lebeuf

Conférence sur « La beauté des champignons » par Renée Lebeuf

À la réflexion, voilà quand même une chose qui se voit très rarement chez une seule et même personne : cumuler deux savoir-faire hétérogènes et les pousser tous deux au niveau de l’excellence!  Mme Lebeuf combine en effet un rare talent photographique et l’expertise mycologique!  Il y a de bons photographes de champignons, mais très peu comme Mme Lebeuf; il n’y a pas beaucoup de mycologues experts, et Mme Lebeuf fait partie de cette élite!

Et Renée se prépare pour une future conférence ...

Et Renée se prépare pour une future conférence …

Nous sommes très fiers de la compter parmi les membres de notre cercle et très reconnaissants de cette belle conférence qu’elle nous a donné à entendre et à voir!

L'environnement près de la salle à manger

L’environnement près de la salle à manger

Quelques participants du groupe

Quelques participants du groupe

Après un copieux brunch (grande spécialité de cette auberge), les quelques 41 membres présents du CMLM ont pu explorer les sentiers bien aménagés qui font des larges circonvolutions tout autour, dans les terres retombées en friche de ces vieux domaines jadis peuplés par les Abénakis au temps de Radisson.

Le brunch

Le brunch

 

Notre cueillette a été riche du point de vue de la diversité des espèces, sans qu’il y ait eu une espèce qui ressorte vraiment en termes de grosses quantités.

La recolte

La récolte

Ça discute ferme...

Ça discute ferme…

Pour mémoire, parmi les gastronomiques, nous avons eu la chance de voir des lactaires hygrophores, des hydnes à pied court, des chanterelles (ce qui est étonnant quand on pense que les chefs du Baluchon font des cueillettes régulières pour leur cuisine), des russules compactes (mais trop larvées), des russules croûteuses, des amanites fauves, deux lépiotes élevées (Macrolepiota proeminens), rares, des russules des marais (aussi trop larvées), des dermatoses des russules…

Des champignons ou des fleurs...

Des champignons ou des fleurs…

Lépiote élevée non déployée

Lépiote élevée non déployée

Gros polypre entourant des plantes

Gros polypre entourant des plantes

Lactaire saumon avec lait orangé et des scobicules

Lactaire saumon avec lait orangé et des scobicules

 

Lichen

Lichen

La liste complète des espèces trouvées se trouve en annexe. Consultez-la, ça en vaut la peine (102 espèces).  C’est d’ailleurs Mme Lebeuf elle-même qui s’est assurée d’en dresser l’inventaire, en y mettant presque une heure, à la fin de l’après-midi… Grands mercis à elle, encore une fois!

Yvan Perreault
Président du CMLM

2015-08-29 - ST-MICHEL-DES-SAINTS (Amanites de Wells)

À la recherche des blutes

Les blutes, c’est ainsi que nous, qui mangeons des amanites de Wells dans Lanaudière, avons commencé à les appeler à cause de leur aspect farineux.

Rendez-vous était donc donné aux membres du CMLM, en ce samedi 29 août, sur la dernière terre zonée agricole de Saint-Michel-des-Saints, soit celle de M. Louis-Joseph Oudin, tout au bout du chemin Gervais, un peu à l’écart du village.

L’objectif de cette excursion était de parvenir à faire en sorte que les membres du CMLM puissent un jour (pas trop lointain, on le souhaite) cueillir de façon parfaitement sécuritaire des succulentes amanites de Wells  tout en s’assurant de pouvoir écarter toutes les amanites tue-mouche de la variété Güssow qui pourraient se présenter chemin faisant.

Il y a eu assez d’amanites de Wells pour en remplir un demi-sac, mais je me serais attendu à bien plus; en 2010, lors d’une première visite, un groupe que je formais en avait trouvé ici à foison…

Mais arrivées sur la table d’exposition, la malchance a voulu que ces amanites de Wells se distinguent mal de leurs sosies vénéneux; leur farine, qui devrait faire paraître rose le revêtement orangé des chapeaux, s’était souvent égrenée et beaucoup de membres du CMLM étaient fort perplexes de voir si semblables les tue-mouches et les blutes!

Chose certaine, pour la plupart d’entre eux, il faudra encore pratiquer des identifications serrées de spécimens bien caractéristiques de cette espèce avant de pouvoir se cuisiner de bonnes platées de blutes sans risquer de s’empoisonner avec les tue-mouche!

Il faut noter que les amanites de Wells peuvent être mangées toujours après cuisson, jamais crues; mais il est recommandé de les manger refroidies!  Comme les golmottes (les amanites rougissantes), c’est ainsi qu’elles révèlent tous les aspects secrets de leur sapidité…

Si la thématique de cette excursion portait sur les amanites de Wells, la réalité aura imposé une autre thématique, celle des cèpes d’Amérique et des bolets à pied glabrescents : le trois quart de la table d’exposition a été submergé par ces deux seules espèces!

Yvan Perreault
Président du CMLM

2015-08-30 - ST-PAULIN (Atelier de boussole/GPS)

Le dimanche 30 août 2015 avait lieu à Saint-Paulin l’atelier de boussole et GPS  donné par M. Francis Lavigueur suivi d’une cueillette animé conjointement par Francis Lavigueur et Richard Demers.

Sur les lieux du rendez-vous, fixé au 3200 du rang des Allumettes à St-Paulin, les propriétaires, M. et Mme Sylvestre et les responsables, Richard et Francis étaient là pour nous accueillir vers 9 h en cette belle journée.

Nos hôtes, les Sylvestre

Nos hôtes, les Sylvestre

Les  25 personnes présentes se sont confortablement assises dans la grange sur des bancs, des chaises, des berceuses ou des balançoires en bois fabriqués par M. Sylvestre. Une fois le projecteur et l’écran installés, la conférence a débuté à l’heure prévue.

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Francis nous a précisé qu’il avait reçu un GPS (système de positionnement global) en cadeau quand il était au CEGEP et qu’il a fait bien des efforts pour comprendre cet outil. Durant plusieurs années, il a étudié son GPS tout en apprenant à décoder les cartes géographiques et à utiliser la boussole pour obtenir des résultats optimums en forêt.

Il nous a présenté donc  une conférence bien articulée et documentée avec des cartes et schémas explicites, en autres, les zones UTM de méridiens centraux pour le Canada, la déclinaison magnétique de la terre, la ligne de mire de la boussole à miroir, etc.  Il a très bien expliqué le fonctionnement du GPS et de la boussole, comment s’en servir  pour se débrouiller en forêt  et bien revenir au point de départ sans se perdre.  Il a terminé  en nous sensibilisant au fait que ces appareils peuvent être défectueux et qu’il faut prévoir, avant une activité, l’azimut de survie pour pouvoir se sortir d’une situation problématique.

Avec ses nombres expériences et activités de mycologue et de chasseur avertis, il a réussi à nous transmettre le goût d’apprendre à utiliser la boussole et le GPS pour être libre et en sécurité en forêt, tout en conservant les points de repère utiles, tel notre point de départ lors d’une sortie,  une talle de champignons pour y revenir facilement ou l’endroit exact où un piège de petit gibier a été installé. Ce fut passionnant! Merci Francis pour ce généreux partage de connaissances fort utiles pour nous, mycologues amateurs de plein air.

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Avant la pratique sur le terrain

Avant et après la conférence, Francis a pris le temps d’aider les participants à paramétrer  leur appareil selon ses recommandations afin qu’ils obtiennent les résultats escomptés identiques pour tous lors de l’utilisation.

Après le dîner, nous sommes  partis à la recherche de champignons tout en utilisant le GPS et la boussole pour se situer, marquer notre position au besoin  et pour revenir au point de départ. Nous avons constaté que la rigueur était nécessaire.  Cette pratique, complémentaire à notre cueillette, fut nécessaire et fort enrichissante!

Amanite tue-mouche

Amanite tue-mouche

Amanite rougissante

Amanite rougissante

Richard et Francis ont identifié les espèces sur la table. Bien que la récolte fut un peu écourtée, elle fut bonne. Environ  46 espèces ont été récoltées dont  les amanites, les russules,  les lactaires et plusieurs variétés de bolet.

Bolet a pied velu

Bolet a pied velu

Vers 15 h, la rencontre prenait fin et quelques  participants sont repartis avec des sacs de comestibles.

Merci aux participants, à nos hôtes M. et Mme Sylvestre et aux responsables, Richard et Francis, pour cette belle activité débordante de joie pour la cueillette et pour le plaisir d’apprendre et de partager les connaissances en bonne compagnie dans cette belle nature!

Véronique Vézina
Secrétaire CMLM

2015-09-09 - ST-JEAN-DE-MATHA (Deuxième excursion surprise)

Excursion surprise autour du magasin de l’Abbaye Val-Notre-Dame

Ce mercredi 9 septembre 2015, un « rendez-vous de dernière minute » a été donné aux membres du CMLM et aux curieux pour renouveler le plaisir d’une excursion dans la plantation de pins et la forêt mixte qui avoisinent le magasin de l’Abbaye Val-Notre-Dame. Comme nous y avons déjà été en septembre 2013, nous savons que cet endroit est prolifique en délicieux comestibles.  Les vénéneux y forment aussi de beaux groupes, qui permettent de cueillir des spécimens à tous les stades de développement et de mieux affranchir les débutants de toute crainte de confusion, lors des séances d’identification qui suivent.

Après une visite du magasin et une présentation des nombreux produits du terroir ainsi que des produits comestibles de nos forêts présentés sur les étalages (il y avait aussi beaucoup de champignons sauvages séchés), l’excursion a commencé sous les meilleurs auspices : de grosses talles de clitocybes à pied renflé (Ampuloclitocybe clavipes) sous les premiers pins blancs!

Au total, 53 espèces ont été cueillies par les 28 promeneurs.  Du lot, les amanites vénéneuses (surtout les amanites à voile jaune) sont ressorties, ainsi que les lactaires décevants, les bolets amers et les entolomes rosés. Excellente occasion d’apprivoiser les champignons à ne pas mettre dans notre assiette, pour cette fois!

Dans les sentiers, plusieurs ont pu se familiariser avec les feuilles de la spirée blanche qui donnera un bon thé du Canada de même qu’avec les feuilles de la spirée tomenteuse, qui pourra être infusée en thé du coureur des bois. Deux boissons patrimoniales injustement tombées dans l’oubli et qu’il ne tient qu’à chacun de nous de réhabiliter!  Avec une bonne demie cuillerée de miel par grosse tasse, les arômes floraux subtils de ces deux thés vous captiveront!  Les moines de l’Abbaye ont d’ailleurs commencé à mettre sur le marché des feuilles séchées de thé du Canada.

Merci au frère Martin qui a donné, à la fin, deux sacs remplis des premiers strophaires rouge vin produits sur les nouvelles plates-bandes expérimentales de l’Abbaye!

Yvan Perreault
Président du CMLM

2015-09-12 - ST-DAMIEN (3e journée de formation - Cours pratique)

Après les deux journées complètes de cours théoriques reçues en mars dernier aux bureaux de la MRC d’Autray à Berthier, place à la journée pratique en ce samedi 12 septembre! J’avais fait la promesse il y a trois ans à Jean-François Lévêque, le fondateur des Jardins de l’Écoumène, d’animer un jour une excursion mycologique officielle chez lui, voilà chose faite, enfin!

Ce centre semencier et d’expérimentation de la permaculture, avec ses douze écosystèmes nettement différenciés, n’aurait pu être mieux choisi pour cette journée complète de mycologie sur le terrain, n’eût été de la courte période de sécheresse qui se terminait justement ce samedi-là sous une fine pluie qui est tombée toute la journée!

Hormis les clitocybes ombonés trouvés en quantités raisonnables, sans plus, les champignons nous ont cruellement manqués! Beaucoup d’hydnes de type « hydnellum », trop coriaces, beaucoup d’amanites porphyres, quelques grosses dermatoses des russules, une demie-douzaine d’amanites fauves, deux chanterelles communes, voilà une maigre pitance pour les 13 élèves qui avaient eu le courage de braver le temps chagrin!

Une pessière à épinette noire, une plantation de pins rouges, une plantation de pins sylvestres, une tourbière, une fondrière à bouleaux jaunes, une tremblaie, une sapinière, une forêt mixte avec dominance d’épinettes blanches, une prucheraie, des pâturages, de vastes potagers et des prés en herbe auront été les écosystèmes passés au peigne fin.

Le centre semencier, les aménagements paysagers et les serres en valaient le déplacement!  Quatre stagiaires auraient bien aimé se mêler à notre groupe, mais leurs apprentissages avaient priorité.  M. Lévêque, quant à lui, ne s’est pas fait prier pour se joindre à nous en après-midi et pour nous entraîner dans des recoins peu souvent explorés mais qui avaient pour caractéristiques de bien conserver l’humidité – en espérant augmenter le volume de nos récoltes.  Mais hélas, le passé récent de la météo jouait par trop en notre défaveur…

Inutile de s’en plaindre!  En comparaison, les gens qui ont organisé à Sept-îles le grand congrès réunissant tous les groupes de mycologie du Québec ont eu aussi la même pénurie de champignons à cause de cette première période sèche de l’été 2015 et les pauvres, ils avaient essayé de réserver les cadeaux de la capricieuse Dame Nature pour près de 145 visiteurs…

Yvan Perreault
Président du CMLM

2015-09-13 - ST-THURIBE (Activité conjointe avec le CMAQ)

Une activité organisée en collaboration avec le CMAQ

Les responsables de cette belle excursion étaient Richard Demers pour le CMLM et Herman Lambert pour le CMAQ.

St-Thuribe est un petit village de la MRC de Portneuf. Richard nous avait donné rendez-vous dans le stationnement  de l’église. Par cette  journée nuageuse avec forte probabilité de pluie, quelques 31 braves se sont présentés, dont 20 de Québec.

Richard nous a guidés sur les lieux de récolte à quelques kilomètres de l’église.  Suite à ses explications, les participants se répartissent en petits groupes pour une cueillette d’environ deux heures. Richard avait balisé les sentiers pour plus de sécurité.

Quelques-uns des participants

Quelques-uns des participants

Au retour, chacun a installé ses champignons sur les tables disposées à cet effet dans la salle paroissiale et a dégusté son lunch tout en échangeant des propos de mycologues et autres…  J’ai même eu la chance de goûter au gâteau aux fruits d’Herman, hum, délicieux!

Jean Bérubé présente les grandes familles de champignons

Jean Bérubé présente les grandes familles de champignons

Après le lunch, l’identification débute. Le président du CMAQ, Jean Bérubé nous présente les caractéristiques des grandes familles de champignons.  Herman et Roland Labbé poursuivent en identifiant les espèces récoltés. Renée Lebeuf leur prête mains fortes en nous parlant, entre autres, des marasmes et des clitocybes.

Roland Labbé nous parle des amanites

Roland Labbé nous parle des amanites

Lors de la présentation de bolets, Richard invite Thierry Chouffot, membre du CMLM et travaillant pour une compagnie qui s’occupe de lutte biologique, à partager ses connaissances et son expérience au sujet de l’utilité des acariens trouvés dans les champignons.  Pour la démonstration, Thierry utilise un vieux bolet véreux. Il retire les tubes et il secoue le champignon pour faire sortir les acariens qui s’y trouvent. Il nous explique que ces petits acariens mangent les larves et les œufs des mouches dans le champignon. Si l’on dépose ces acariens dans le jardin potager, ils mangeront également  les larves et les œufs de la mouche du chou et de la mouche du poireau.

Thierry cherche les acariens.

Thierry cherche les acariens.

Quelques 123 espèces ont été récoltées dont des amanites, des russules, quelques chanterelles, des hydnes septentrionaux et même une truffe récoltée par une très jeune mycologue.

Trompette de la mort

Trompette de la mort

Chanterelle en tube

Chanterelle en tube

Richard photographie un hydne septentrional poussant sur un érable

Richard photographie un hydne septentrional poussant sur un érable

Stades précoces de l'amanite vireuse

Stades précoces de l’amanite vireuse

Une truffe!

Une truffe!

Merci aux participants des deux cercles, aux responsables de cette activité, Richard et Herman assistés de Jean Bérubé, de Roland Labbé et de Renée pour l’identification.

Renée nous parle de marasmes et autres

Renée nous parle de marasmes et autres

Un merci tout spécial à Richard pour toute cette organisation bien orchestrée qui nous a permis de visiter un autre beau village du Québec! Il a même réussi à suspendre la pluie durant notre récolte et il a terminé sa journée par un coup de balais!  Bravo Richard!

Mission accomplie!

Mission accomplie!

Véronique Vézina
Secrétaire CMLM

2015-09-19 - LANORAIE (Lactaires associés aux grands pins blancs)

Ce samedi 19 septembre, par une splendide journée d’été, rendez-vous avait été donné aux apprentis mycologues et aux curieux au Boisé Groli, une superbe forêt peuplée presque entièrement de très gros pins blancs appartenant à M. Pierre Grenier et Mme Marielle Olivier, deux membres du CMLM!

Les participants

Les participants

Un invité de marque animait cette excursion : le grand mycologue et expert photographe Jean Després!

Jean Després

Jean Després

L’auteur du livre d’introduction à la mycologie Champignons comestibles du Québec, les connaître, les déguster, paru aux éditions Michel Quintin, et coordonnateur du livre collectif L’univers des champignons (entre autres remarquables réalisations ces dernières années) nous a bien dédommagés de nos maigres cueillettes à cause du temps sec de ces deux dernières semaines par ses anecdotes sur l’amanite tue-mouche et quelques autres champignons aux propriétés hallucinogènes.

La maigre récolte

La maigre récolte

Nous avons appris, entre autres, que les excès de consommation de jaunets (appelés aussi tricholomes équestres) provoquent des rhambdomyaloses (des infections aux reins). Les nombreux spécimens de lépiotes d’Amérique (Lepiota americana) remplissaient presque le tiers des tables d’exposition à elles seules : M. Després en a profité pour nous mettre en garde contre une espèce sosie qui pourrait apparaître au Québec avec le réchauffement climatique, la lépiote à lamelles vertes.

Polypre des artistes

Polypre des artistes

Champignons poussant sur une cocotte

Champignons poussant sur une cocotte

Au final, parmi les trois espèces de lactaires à lait à vifs coloris que nous cherchions, seul un spécimen de lactaire pourpre ou purpurin (Lactarius subpurpureus) tout sec aura été trouvé : nul lactaire indigo (à lait bleu azur) ni lactaire paradoxal (à lait rouge alors que son dessus de chapeau semble annoncer un lactaire indigo) à se mettre sous la dent cette fois-ci…

Lépiote déguenillée

Lépiote déguenillée

On se reprendra l’année prochaine en gardant bon espoir : une bonne  talle de lactaires indigo a été trouvée en 2014 dans le même secteur, un plein panier de beaux spécimens au pied d’un seul grand pin blanc!

Yvan Perreault
Président du CMLM

2015-09-23 - ST-FÉLIX-DE-VALOIS (Troisième excursion surprise)

Avertis à la dernière minute (en fait, seulement trois jours avant par courriel, une surprise devant quand même receler un certain élément de… surprise mais pas trop), 20 membres du CMLM et quatre visiteurs ont relevé de défi de cueillir des lyophylles en touffes (Lyophyllum decastes) au boisé du domaine des Beaux-Arts à St-Félix-de-Valois, ce mercredi 23 septembre 2015.

Ces « hivanelles » (le nom vernaculaire donné aux lyophylles en touffes) ont déjà été repérées en très grand nombre sur au moins deux sites de ce vaste boisé durant les quatre dernières années.  Hélas, sur la plus grosse de ces deux talles, une route asphaltée venait juste d’être développée ainsi qu’un grand stationnement, tout en bitume et en macadam (deux autres matériaux aussi morbifères pour les champignons que l’asphalte, à moins qu’il ne s’agisse d’une seule et même sorte de calamité…  désolé, je ne suis pas ingénieur des ponts et chaussées!).

Pour avoir une chance d’émerger à nouveau à cet endroit, les hivanelles devront peut-être requérir l’aide des agarics des trottoirs?  Pourquoi pas, on a déjà vu des Agaricus bitorquis soulever des sentiers de gravier, fissurer des sols pavés, voire même des trottoirs, comme leur nom l’indique…

Cette année, les lyophylles en touffes seront pourtant abondantes mais elles émergeront à la mi-octobre… Au moment où ceci est écrit, en fait!  Dommage qu’on n’en ait pas trouvé alors que tout le monde avait été mentalement bien préparé à les rencontrer : il s’agit de l’une des espèces de champignons, parmi les gastronomiques reconnus, qui sont les plus difficiles à bien identifier à cause de l’aspect terriblement variable des formes et des coloris des chapeaux.

La séance d’identification a quand même été bien remplie et la noirceur est vite tombée sur les apprentis : amanites vireuses, brunissantes, porphyres, bolets tomenteux, bai, à pied orné, rugueux, insignes, cortinaires de toutes sortes, ramaires, russules diverses, lactaires à odeur d’érable et chanterelles communes bien tardives étaient là pour inciter tout le monde à braver le Bonhomme Sept-Heures…

Yvan Perreault
Président du CMLM

2015-09-27 - ST-JUSTIN (Activité dirigée par notre ami Joseph)

Une belle sortie dans un splendide boisé!

En ce beau dimanche de la fin de septembre, 23 personnes se sont déplacées chez M. Michel Bellemarre à Saint-Justin. Une belle forêt mixte avec des secteurs dédiés à des espèces particulières nous a permis de recueillir 113 variétés de champignons.

Les participants

Les participants

La journée a débuté par un accueil des plus chaleureux de notre hôte avec un feu de bois pour réchauffer ceux qui avaient le frisson. Après les explications de notre animateur, Joseph Nuzzoleze,  les participants se sont séparés en petit groupe pour explorer cette belle forêt.

Au retour de la cueillette, le dîner sur l’herbe pour la majorité a été agrémenté par deux dégustations : une marinade de polypore soufré fabriquée par Joseph et des biscottes aux chanterelles et abricots cuisinées par Micheline.

Après le repas, chacun s’est affairé à disposer les champignons cueillis dans les bonnes catégories. Par la suite Joseph a pris les choses en main. Il a procédé à l’identification précise des spécimens et a transmis une partie de son savoir aux participants.

Démonstration de l'utilisation de la clé des amanites

Démonstration de l’utilisation de la clé des amanites

Fait à noter, Joseph a trouvé une amanite très rare, soit l’amanite chargée (Amanita onusta). Cette amanite se caractérise par son chapeau blanchâtre à gris-brun, son pied longuement radicant, son odeur de chlore et sa pousse sous les feuillus. Lors de la récolte, il faut prendre soin de ne pas briser la base du pied, longuement radicante, qui constitue le caractère distinctif de cette amanite. La partie enterrée du pied est parfois plus longue que la partie hors terre.

Amanita onusta

Amanita onusta

Puisqu’il y avait de nombreuses espèces, l’échange s’est prolongée jusqu’à la fin de l’après-midi, au grand plaisir de tous. Plusieurs personnes sont reparties avec de beaux champignons à déguster, bien identifiés, donc sans crainte d’intoxication.

La belle récolte!

La belle récolte!

Bolet rugueux

Bolet rugueux

Merci encore à notre hôte, Michel Bellemarre, et à notre mycologue expert, Joseph Nuzzolese.

Micheline Paris
Responsable des inscriptions

2015-10-04 - ST-ÉLIE-DE-CAXTON (Champignons d'automne)

Champignons d’automne au Rond Coin de St-Élie-de-Caxton

C’est une belle journée d’automne, ensoleillée. L’air est frais, roboratif. Un groupe important de 35 mycophiles du CMLM  se réunit à l’accueillant Rond Coin de St-Élie-de-Caxton. Est-ce la renommée du village et de son poète, est-ce l’urgence des derniers beaux jours de Messidor? Qui sait? Mais nous sommes nombreux et parmi nous plusieurs jeunes familles. Bravo pour la relève! Les vieux sont souvent sympathiques (expérimentés, riches J, etc.), mais la science et notre Cercle ont aussi besoin de sang neuf.

Après les recommandations d’usage concernant la sécurité, la cueillette et la disposition des lieux par Richard Demers, nous partons enfin plein d’enthousiasme, sifflet dans la poche, le couteau croche à portée de la main.

Richard donnat les consignes aux participants

Richard donnat les consignes aux participants

Nous sommes accompagnés par un quadrige exceptionnel d’animateurs et de connaisseurs : Richard Demers et Francis Lavigueur pour qui les courses en forêt n’ont plus de secret, Joseph Nuzzolese dont le charme à la fois sérieux et pince-sans-rire n’a d’égal que sa connaissance encyclopédique de la fonge et enfin l’excellente photographe et experte mycologue, Renée Lebeuf.

Sûre de soi donc cette troupe s’avance, balançant le panier avec une belle assurance.

Les plus avisés restent sur le plat dans les boisés riches en conifères, confiants d’y trouver abondance de bolets et autres délices gastroleptiques. D’autres, plus aventureux, se lancent à l’assaut de la colline où, parait-il, il y a un belvédère, d’odorants ascomycètes (hypomyces lactifluorum) et peut-être même encore des trompettes de la mort (craterellus fallax). Mais le beau temps des dernières semaines, le peu de pluie, laisse planer un nuage d’appréhension sur plusieurs cueilleurs. Les champignons seront-ils au rendez-vous? Heureusement, ces craintes ne s’avèrent pas vraiment fondées, et la plupart reviennent avec plusieurs spécimens et même des paniers pleins. En effet, certains sont tombés sur des talles de lactaires à odeur d’érable (lactarius helvus) tellement abondantes qu’ils ne savaient plus où donner du chapeau.

Lactarius helvus_Lactaire à odeur d’érable

Lactarius helvus/Lactaire à odeur d’érable

Lactarius vinaceorufescens/Lactaire rougissant

Lactarius vinaceorufescens/Lactaire rougissant

Cortinarius alboviolaceus/Cortinaire blanc-violet

Cortinarius alboviolaceus/Cortinaire blanc-violet

Trametes versicolor_Tramete versicolore

Trametes versicolor/Tramète versicolore

Dans les circonstances, la récolte est surprenante (121 espèces).

Une partie de la récolte

Une partie de la récolte

Après le diner (dans l’ingénieux kiosque qui jouxte le Rond Coin), on installe des tables en plein air et Joseph Nuzzolese procède à l’inventaire en nous aidant à classer les champignons par famille.

Identification par Joseph

Identification par Joseph

Puis il nous explique avec force détails les caractéristiques de chaque genre et espèce. C’est parfois répétitif pour les amateurs avertis, mais n’oublions pas qu’il y a toujours des nouveaux, des vieux et des jeunes, pour qui c’est une initiation. Comment les spores sont-ils éjectés chez les gastromycètes? Qu’est-ce qui distingue les amanites toxiques des champignons qui leur ressemblent? Comment identifier les russules et tester leur âcreté? Le tricholome équestre est-il vraiment dangereux (rhabdomyolyse)? Comment apprêter ou conserver telle ou telle variété de comestibles?

Paxillus involutus/Paxille enroulé

Paxillus involutus/Paxille enroulé

Pholiota mixta _Pholiote voisine

Pholiota mixta /Pholiote voisine

Les questions fusent et les commentaires jaillissent, on se tait, rapidement ramenés à l’ordre par maître Nuzzolese. Et on aime ça, on en redemande!

L’exploration, la découverte de ce mystérieux monde tellurique dont nous voyons poindre les fruits est notre récompense. Et tant mieux si quelques-uns de ces mycètes se retrouvent dans notre assiette pour notre plus grand plaisir. Encore que nous ayons toujours à l’esprit l’adage latin : Caveat qui carpit (Que celui qui cueille se méfie.)

Robert Ciesielski
Membre collaborateur

2015-10-07 - ST-LIGUORI (Quatrième excursion surprise)

Ce mercredi 7 octobre, 19 membres du CMLM et 7 visiteurs ont profité de la magnifique fin de journée pour venir explorer les plantations de conifères de la Ferme forestière de Saint-Liguori.  Implantée entre 1962 et 1966 par la Dominion Tobacco en collaboration avec le Club des 4H d’alors, cette « ferme forestière » est le fruit d’une vaste mobilisation populaire des habitants de cette municipalité : plus de 127 000 pins sylvestres, épinettes de Norvège et pins rouges avaient été mis en terre en phases successives.

Cinquante ans ont passé et en octobre 2012, sous les conifères devenus imposants, le CMLM y inaugurait une première excursion officielle couronnée de succès, un 2 novembre, avec des paniers remplis à ras bord de succulentes sorites (tricholomes prétentieux).

Trois ans plus tard, la recherche des lépistes iris (aussi appelés « pieds-blancs ») n’aura pas connu le même succès : seulement une dizaines de spécimens bien grêles trouvés uniquement avec les épinettes blanches. Mais le contenu de la table d’identification était à couper le souffle par sa diversité : amanites vireuses à foison, amanites tue-mouche, clitocybes à pied renflé, ramaires strictes, gomphides glutineux, pholiotes jaune citron, bolets distingué (pourtant une espèce d’été, thermophile), chanterelles jaunissantes, girolles, sclérodermes, vesses-de-loup perlées, lyophylles en touffes, lactaires à odeur d’érable, bolets rugueux, de Snell, insignes, orangés, vieux cèpes d’Amérique de la variété estivale (à chapeau jaune), tricholomes rutilants…

Deux surprises au programme : notre membre spécialiste des truffes, Véronique Cloutier et son conjoint, Denis Marcotte, avaient rapporté d’une toute récente partie de chasse de gigantesques armillaires ventrus (dont l’un atteignait environ 45 cm de diamètre) et un membre a pu repartir avec trois spécimens en boule de cortinaires prestants (ou pseudo-remarquables)!  Ces cortinaires n’avaient été trouvés que lors des excursions des cercles de l’Estrie et de Québec, jusqu’à présent!

J’ai pu les identifier formellement puisque dix jours auparavant, j’ai eu le privilège d’en cueillir aux sentiers du Mont Girard à St-Denis-de-Brompton avec les gens du CME (Cercle des Mycologues de l’Estrie).  J’ai ensuite pu cuisiner les « cortinaires prestants » avec la classe de la chef Amélie Roch, de l’Académie de restauration et d’hôtellerie de Lanaudière: un régal en potage!  Un goût crémeux avec des arômes de noisette et de moutarde…  J’ai aussi pu en faire des réserves, sous forme déshydratée…  Il va sans dire que je présenterai cette espèce extraordinaire dans un plat qui sera servi lors de l’AGA du CMLM au printemps prochain!

Yvan Perreault
Président du CMLM

2015-10-11 - TROIS-RIVIÈRES (Matsutakés)

À la recherche des matsutakés!

Neuf heures sonnent au beffroi de la basilique de Notre-Dame-du-Cap.  Une vingtaine de courageux mycophiles se sont réunis malgré le froid et la pluie pour partir à la recherche de l’élusif tricholoma magnivelare, dit matsutake, le tricholome à grand voile. Battant de la semelle ils attendent leur bien-aimé président (Yvan Perreault). Il arrive enfin, échevelé, hagard au milieu de la tempête, presque terrassé par la grippe qui le mine. Courageux dans l’adversité, il galvanise ses troupes en leur apportant deux spécimens de ce fameux mycète dont les Japonais sont si friands.

« Regardez-les, touchez-les, sentez-les. Voici le but ultime de notre pérégrination dominimycale. Et puis, ma foi, si vous voyez d’autres champignons, eh bien, mettez-les dans votre escarcelle. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. Alors, allez mes amis, cueillez et multipliez tout . Et si vous découvrez une thalle de matsutake, hrmmm, venez me le dire discrètement… »      

Nous sommes dans le boisé Chateaudun,  au Cap-de-la-Madeleine,  une oasis de verdure presque nordique coincée entre l’autoroute 40, un chemin de fer et un développement immobilier. Un kilomètre carré, de forme triangulaire à vrai dire, constitué en bonne part d’une vieille plantation de pin gris (pinus banksiana), sillonné de sentiers et de chemins gravillonnés. Un beau sous-bois de cueillette. Trouverons-nous le carpophore tant recherché?

Les braves qui ont affonté la pluie

Les braves qui ont affonté la pluie

Comme souvent, la proie convoitée nous échappe, mais la récolte collective est plutôt satisfaisante : ampulloclitocybe clavipes en abondance, bolets variés : suillus, leccinum et même des cèpes d’Amérique (boletus chippewaensis), des tricholomes au sourire chevalin (tricholoma equestre), des collybies (butyracées), un vieux phallus (impudique!), une (1) chanterelle, des pholiotes, des cortinaires, les omniprésentes amanita muscaria que nous mangerons peut-être bientôt si les hypothèses gastroféériques de notre ineffable président s’avèrent, etc.

Fausses chanterelles

Fausses chanterelles

Amanite tue-mouche

Amanite tue-mouche

Somme toute, une autre belle sortie qui forge le caractère et qui nous conforte dans l’idée que, comme disait Paul Escallon, si la quête des champignons nous semble parfois vaine, elle répond à sa manière à notre désir humain d’étreindre même l’Inutile.

Robert Ciesielski
Membre collaborateur

2015-10-24 - ST-CHARLES-DE-MANDEVILLE (Hygrophores russules)

Excursion aux chutes du Calvaire

Samedi 24 octobre, l’envie de voir les paniers des membres du CMLM remplis des quasi mythiques hygrophores russules m’avait décidé à une excursion aux chutes du Calvaire, le splendide parc régional de Mandeville.  La rivière Mastigouche y coule en nombreuses cascades et pour mieux les admirer, cette municipalité, aidée par de nombreux bénévoles dévoués, a commencé à y aménager des trottoirs, des passerelles et des belvédères depuis quelques années; les travaux en sont rendus à leur troisième phase, d’après ce qu’on m’a expliqué.

Deux de mes contacts m’ont déjà rapporté avoir vu de belles talles d’hygrophores russules, là-bas. Sachant que cette espèce pousse très tardivement au pied des chênes rouges (profitant du fait que les feuilles de chênes tardent à tomber et laissent le sol encore disponible pour les sporées), j’ai cru que nos chances d’en trouver seraient excellentes mais à la condition de repérer quelques peuplements de chênes rouges.

Ils sont abondants dans cette région et il en reste même de gros spécimens tout tordus et croches sur les flancs de montagne, ayant échappé aux coupes forestières intensives des deux derniers siècles… Mais presque plus au parc des Chutes du Calvaire!  D’où notre insuccès. Des pieds-bleus, des pieds-blancs (lépistes à odeur d’iris), deux beaux lépistes inversés, des hygrophores blanc olivâtre, des tricholomes ruinés, des clitocybes à pied renflé, et surtout des laccaires laqués nous ont consolé.  En passant, vraiment, à chaque année, je m’étonne de voir cette espèce présente à presque chacune de nos cueillettes, de juillet à octobre!

Question de timing : deux membres du CMLM qui ont été frappés par la magnificence du site m’ont dit y être retournés durant la semaine suivante et ils en ont finalement trouvé, de ces hygrophores russules tout couverts de grosses taches rouge vin.  M. Jacques Hétu m’en a d’ailleurs apporté le samedi 7 novembre et j’ai pu m’en faire une poêlée.  Un régal, avec un aspect rappelant le côté sec et boisé de certains vins rouges, leur texture molle et épaisse, leur petit côté sucré, aussi…

Yvan Perreault
Président du CMLM

2015-10-31 - ST-CHARLES MAJELLA (Sorites)

Notre dernière excursion en 2015!

Merci à M. Michel Rioux de nous avoir permis d’explorer ses plantations de pins rouges, d’épinettes de Norvège et de sapins baumiers pour notre ultime excursion de cueillette ce samedi 31 octobre à St-Gérard-Majella!

Chose étonnante, en cette fin octobre, les espèces tardives commençaient à peine à émerger : quelques tricholomes prétentieux et quelques jaunets ont été cueillis, mais surtout des champignons que nous nous serions attendus à voir quitter la scène plus tôt : lactaires rougissants, lactaires de Hibbard, lactaires «biscuits-à-l’érable», quelques mortelles galerines marginées, beaucoup de pieds-bleus, de pieds-blancs et surtout de beaux clitocybes au port fin et élancé que M. Joseph Nuzzolese a d’abord soupçonné être des clitocybes tardifs; mais il leur manquait ce petit coloris violacé mauve ou pourpre sur leurs pieds grêles et sur le dessus de quelques chapeaux, et il s’est avéré que nous avions plutôt trouvé des clitocybes des conifères (Clitocybe coniferophila), à comestibilité inconnue…

Clitocybes des coniferes

Clitocybes des coniferes

Alors que M. Joseph et moi, avec un groupe de cueilleurs, étions fort occupés à récolter ces étonnants clitocybes, celui-ci m’a confié que dans son jeune âge, avec son père, il avait beaucoup mangé de ces gros champignons à lamelles blanches dont la comestibilité n’est pas encore bien établie : les leucopaxilles géants et probablement les clitocybes robustes et les hygrophores des pins se seraient souvent retrouvés dans son assiette, et sans dommage, selon toutes les apparences. Évidemment, les gros lactaires décevants et les amanites vireuses étaient écartés de ses paniers de récoltes, sans quoi…

Au terme de cette cueillette, les pieds-bleus se sont révélés si abondants qu’une dizaine de membres, qui n’en avaient jamais mangé, ont pu repartir avec de beaux gros sacs bien pleins! Et le soleil s’est montré juste à temps pour la séance d’identification que nous avons tenue dans une clairière, au fond de la pinède…

Yvan Perreault
Président du CMLM